Pr Amath Ndiaye : le développement du Sénégal reste une œuvre nationale

6,7 % de croissance du PIB réel en 2025 : l’économie sénégalaise a progressé tandis que le déficit budgétaire est passé de 13,4 % à 6,4 % du PIB entre 2024 et 2025. Dans ce contexte, le Pr Amath Ndiaye, de la FASEG de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, rappelle que les institutions internationales accompagnent les pays sans se substituer à leurs citoyens, leurs entreprises, leur administration ou leur État.

Le Fonds monétaire international agit d’abord sur la stabilité macroéconomique et financière. Il surveille les politiques économiques de ses membres et peut financer les pays confrontés à des difficultés de balance des paiements. Il ne prend donc normalement pas en charge la construction directe d’une route, d’un hôpital ou d’un barrage.

La Banque mondiale intervient davantage dans les secteurs concrets du développement. Elle finance notamment des projets liés aux routes, à l’agriculture, à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’énergie et au numérique. Au Sénégal, elle a approuvé en 2009 un crédit IDA de 105 millions de dollars pour l’Autoroute de l’Avenir Dakar-Diamniadio. Le projet réunissait aussi l’État du Sénégal, la Banque africaine de développement, l’Agence française de développement et un partenaire privé.

Cette distinction permet de comprendre que la Banque mondiale Sénégal développement s’inscrit dans une stratégie conduite par le pays lui-même. La facilité pour la résilience et la durabilité du FMI, créée en 2022, apporte de son côté des financements de long terme pour des réformes liées notamment au changement climatique. Le Sénégal a obtenu environ 324 millions de dollars dans ce cadre en 2023.

Le recours aux financements internationaux ne signifie pas automatiquement une perte de souveraineté. La Chine, l’Inde, le Brésil et l’Indonésie ont également utilisé des ressources et une expertise de la Banque mondiale tout en conservant leurs propres orientations économiques et sociales. Selon l’analyse publiée par lactuacho, l’enjeu est donc la capacité d’un pays à orienter ces concours vers ses priorités nationales.

À fin juillet 2026, les engagements cumulés de la Banque mondiale au Rwanda atteignaient environ 9,25 milliards de dollars pour 141 projets.

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