Le 8 septembre 2026, la Déclaration de Politique Générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô doit intervenir un peu plus de trois mois après sa nomination, le 25 mai 2026. Cette séquence place Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale après avoir dirigé le gouvernement, dans une position institutionnelle particulière : il est appelé à suivre l’évaluation d’une orientation qu’il avait lui-même présentée devant les députés.
La comparaison porte notamment sur le calendrier parlementaire. Nommé Premier ministre le 2 avril 2024, Ousmane Sonko avait présenté sa DPG le 27 décembre de la même année. La nouvelle déclaration intervient donc dans un délai plus court après la nomination du chef du gouvernement.
Le bilan économique de Sonko est au centre de cette mise en perspective. Sa déclaration de 2024 annonçait un Sénégal plus attractif, un secteur privé renforcé, une administration plus performante et une trajectoire budgétaire assainie. Elle mettait aussi en avant le label « Invest in Sénégal » et la modernisation de l’administration économique.
Selon les chiffres attribués au World Investment Report 2026 de la CNUCED, les investissements directs étrangers reçus par le Sénégal sont passés de 4 790 millions de dollars en 2023 à 3 319 millions en 2024, puis à 37 millions en 2025. Le document classe ainsi le Sénégal au 46e rang sur 52 économies africaines, alors qu’il occupait le premier rang en Afrique de l’Ouest.
La politique économique annoncée reposait également sur le passage d’une logique de dépenses à une logique de résultats. Entre 2024 et 2026, les audits, les revues de contrats, les états des lieux et les exercices de reddition des comptes ont occupé une place importante dans l’action gouvernementale. Ces démarches visaient à établir la situation héritée, tandis que leur effet sur la croissance, l’emploi et la compétitivité des entreprises reste au cœur du débat présenté par thieydakar.
Le contraste budgétaire
La DPG de 2024 fixait comme objectifs un retour progressif à un déficit de 3 % du PIB, une réduction de l’endettement et une rationalisation des subventions publiques. Les données citées dans l’analyse font état d’un déficit budgétaire de 13,4 % du PIB en 2024 et d’une dette publique proche de 26 000 milliards de FCFA.
La hausse du prix du carburant est également présentée comme l’application d’une rationalisation budgétaire annoncée, alors que le maintien des subventions a été demandé au nom du pouvoir d’achat. Cette opposition entre l’objectif budgétaire affiché et les arbitrages intervenus nourrit l’examen du bilan.
La souveraineté économique figurait enfin parmi les thèmes centraux de la déclaration de 2024. Elle devait s’appuyer sur la discipline budgétaire, la capacité de négociation et le respect des engagements financiers, alors que les discussions sur la dette et les relations avec les partenaires internationaux restaient déterminantes.
Le 2 septembre 2026, Ousmane Sonko a demandé des clarifications sur l’accord technique annoncé entre le FMI et le Sénégal, pendant que le ministre Cheikh Diba présentait le Plan de traitement de la dette.
