L’économie sénégalaise continue d’évoluer sous l’œil attentif des statisticiens nationaux. Dans sa dernière note de conjoncture, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a livré son verdict sur la santé économique du pays pour la période allant de juillet à septembre 2025. Si la richesse nationale continue de croître, cette progression masque des disparités importantes entre les différents pans de l’activité économique, marquée par un net ralentissement dans les services.
Les indicateurs globaux restent dans le vert. Selon les données de l’Ansd, reprises par le journal Le Quotidien, le Produit intérieur brut (Pib) réel a enregistré une hausse de 0,8 % au troisième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. Sur une année glissante, la croissance s’établit à 4,2 %. Cette performance globale, bien que positive, résulte d’un équilibre précaire entre des secteurs en pleine expansion et d’autres en repli.
Le moteur principal de cette croissance trimestrielle se trouve du côté du secteur secondaire. Ce dernier affiche une progression solide de 3 %, portée par des industries spécifiques. La fabrication de produits chimiques de base a connu un bond spectaculaire de 25 %, tandis que le raffinage du pétrole et la cokéfaction ont progressé de 7,1 %. Les activités extractives (+4,2 %) et l’agroalimentaire (+3,4 %) contribuent également à cette dynamique. Seule ombre au tableau dans ce secteur : la construction, qui recule légèrement de 0,3 %.
Le secteur primaire présente quant à lui un bilan mitigé, avec une hausse modeste de 0,1 %. Ce chiffre dissimule pourtant une performance exceptionnelle de la pêche, dont l’activité a bondi de 16,3 %. L’élevage (+0,5 %) et la sylviculture (+0,2 %) restent stables, mais ces gains sont presque entièrement absorbés par la baisse de l’agriculture, évaluée à 1,2 % sur la période.
La véritable contreperformance provient du secteur tertiaire, qui pèse sur le résultat global avec un repli de 0,1 %. Ce ralentissement est principalement dû à une chute brutale de 10,7 % dans les activités de transport et à une baisse de 5,6 % dans les services de santé. L’information et la communication reculent également de 1,5 %. Ces baisses n’ont été que partiellement compensées par la bonne tenue du commerce (+2,3 %) et des activités d’hébergement et de restauration (+1,3 %).
En termes de valeur, le PIB nominal du Sénégal s’établit désormais à 4963,1 milliards de francs CFA pour ce troisième trimestre 2025.