Le 12 août, une vidéo publiée sur TikTok par l’influenceur « Keylor » a déclenché des appels au boycott de commerces tenus par des Guinéens à Dakar. Affilié au parti Les Nationalistes, il les a accusés de favoriser des produits importés ou fabriqués clandestinement au détriment des marchandises locales.
Cette séquence intervient dans un contexte de fortes difficultés économiques. Le chômage concernait près de 23 % des actifs en juillet. La fin des subventions à l’énergie, la hausse du prix du carburant et une taxe de 0,5 % sur les paiements par téléphone pèsent sur les ménages. L’État doit aussi composer avec une dette évaluée à 132 % du produit intérieur brut.
Des commerçants se défendent
La montée du repli identitaire à Dakar touche plusieurs communautés ouest-africaines. Selon Seneplus, les commerçants guinéens contestent les accusations portées contre eux. Les étals parfois vides, expliquent-ils, résultaient surtout des difficultés logistiques liées aux rassemblements religieux d’août.
Le responsable de la Fédération nationale des boutiques pour la modernisation au Sénégal a porté plainte le 28 août pour diffamation et incitation à la haine. Elhadji Boubacar Ba affirme ensuite avoir subi des intimidations et dénonce les attaques visant les Sénégalais qui prennent la défense des étrangers.
À Pikine, le boutiquier Saikou Amadou Bah a également été pris à partie après la contestation de la qualité d’une friandise. Il a rejeté l’accusation selon laquelle le produit était périmé en invitant son interlocuteur à vérifier la date.
Des tensions au-delà des boutiques
Des vendeurs de rue subsahariens ont été chassés de leurs emplacements près du marché de Colobane. À l’Assemblée nationale, le député Tahirou Sarr critique depuis plusieurs semaines la présence de ressortissants de la sous-région, qu’il accuse d’occuper l’espace urbain et de saturer les maternités.
Le gouvernement minimise la portée de ces propos. Le parti Pastef assure, pour sa part, refuser de « mener de guerre contre des Africains ». Dans les colonnes du Monde, la correspondante Pauline Le Troquier décrit pourtant une inquiétude croissante dans la société sénégalaise.
Président de l’ONG Horizon sans frontières, Boubacar Seye réclame des sanctions judiciaires et l’interdiction du mouvement nationaliste. Il estime que le pays est engagé sur une pente dangereuse et cite les précédents de violences en Afrique du Sud.
Le 18 août, une opération d’évacuation de mendiants étrangers à la Médina avait suscité de nombreux commentaires hostiles sur les réseaux sociaux.
Le Nigeria avait rapatrié 258 ressortissants depuis l’Afrique du Sud le 11 juin 2026.

il faut arrêter cet bêtises nous sommes tous africains les Guinéens ne sont pas responsables des chaumage au Sénégal se sont nos frères et sœurs voleurs qui nous ont conduit a cet niveau de vie