Sonko redéfinit la démocratie : « Le peuple n’est pas seulement l’origine du pouvoir »

Dans son discours de clôture de la deuxième session extraordinaire de l’Assemblée nationale mardi, Ousmane Sonko a défendu une conception de la démocratie qui dépasse largement le rendez-vous électoral. Pour lui, « Voter, c’est choisir. Débattre, c’est continuer d’exercer sa citoyenneté ».

Pour le président de l’Assemblée nationale, le citoyen doit continuer à exercer sa souveraineté entre deux scrutins, tandis que l’action publique doit être jugée à l’aune de ses résultats concrets sur la vie des populations.

Sonko : « Voter, c’est choisir. Débattre, c’est continuer d’exercer sa citoyenneté »

Pour Ousmane Sonko, la démocratie ne saurait se résumer à l’organisation des élections et au décompte des suffrages.

Dans son discours prononcé à la clôture de la session extraordinaire, le président de l’Assemblée nationale a plaidé pour une démocratie vivante, participative et permanente, dans laquelle le citoyen conserve une place centrale après avoir déposé son bulletin dans l’urne.

S’appuyant sur la pensée de l’économiste et philosophe indien Amartya Sen, Sonko rappelle que la démocratie repose également sur « la liberté d’opinion », « le droit de critique » et l’obligation faite aux gouvernants de justifier leurs décisions.

Une conception qu’il résume par une formule forte : « Voter, c’est choisir. Débattre, c’est continuer d’exercer sa citoyenneté après le vote. »

Pour le président de l’Assemblée, le peuple ne doit donc pas disparaître de l’espace public entre deux élections. Il doit continuer à peser sur les choix collectifs à travers ses représentants, les organisations de la société civile, les médias et les universités.

Une démocratie jugée à ses résultats

Mais au-delà du fonctionnement des institutions, Ousmane Sonko insiste sur la finalité de l’action politique : transformer concrètement les conditions de vie des citoyens.

Il refuse ainsi de mesurer une politique publique à l’aune de la seule qualité des discours ou du volume des financements annoncés.

« Une politique publique ne se juge pas à l’élégance de sa formulation, ni à l’ampleur des financements annoncés, mais à ce qu’elle change dans la vie des gens », affirme-t-il.

Le président de l’Assemblée décline alors les indicateurs d’une démocratie réellement utile : une école qui instruit, un poste de santé qui soigne, un emploi qui redonne sa dignité au jeune, l’eau qui arrive au village et une justice qui protège aussi bien le faible que le puissant.

Autrement dit, la démocratie doit produire des résultats visibles dans le quotidien des Sénégalais.

« Le peuple doit en rester la destination »

Cette vision conduit Sonko à replacer la notion d’intérêt national au centre de son propos. Pour lui, celui-ci ne peut être confondu avec les intérêts d’un président, d’un parti ou d’une institution.

« L’intérêt national ne se confond avec celui d’aucun homme, d’aucun parti ni d’aucune institution », martèle-t-il.

Présidence, gouvernement, justice et Parlement ont, selon lui, des responsabilités distinctes mais un même destin : servir le peuple.

Et c’est précisément à l’aune de cette mission que Sonko entend mesurer l’efficacité de la démocratie : réduction des inégalités, accès à l’éducation et à la santé, création d’emplois dignes, soutien aux travailleurs et renforcement de la souveraineté.

Sonko dessine ainsi une démocratie qui ne s’arrête pas aux institutions ni aux élections. Une démocratie dont la légitimité se mesure finalement à sa capacité à rendre le pouvoir utile à ceux au nom desquels il est exercé.

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Un commentaire

  1. Ce discours sera inscrit dans led annales de l’histoire politique du Sénégal. Vive Sonko! Vive le Sénégal !

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