La récente séquence politique marquée par le départ du Premier ministre et président de Pastef de la Primature continue d’alimenter les débats au sein de la sphère politique sénégalaise. Après son passage remarqué à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a été limogé de ses fonctions par le président de la République, une décision qui a suscité incompréhension, frustration et colère chez de nombreux militants du parti au pouvoir.
Mais au-delà des réactions des sympathisants de Pastef, un autre fait attire l’attention : le silence presque total de certains alliés politiques pourtant réputés très proches de Ousmane Sonko. Parmi eux, la coalition APTE et sa présidente, également Déléguée générale de la DER, longtemps considérée comme l’une des plus ferventes défenseures du leader de Pastef.
Celle qui s’était publiquement autoproclamée « Maman de Sonko », multipliant auparavant les sorties médiatiques pour défendre l’ancien Premier ministre face à ses adversaires, semble aujourd’hui avoir choisi la discrétion. Une attitude qui interroge jusque dans les rangs des militants.
Pourquoi cette prise de distance soudaine ? Pourquoi ce mutisme au moment où une partie de la base militante dénonçait ce qu’elle considère comme une mise à l’écart politique de leur leader ?
Pendant que la coalition Diomaye publiait des communiqués de soutien au président de la République et à ses décisions institutionnelles, la coalition APTE, elle, est restée silencieuse. Un contraste qui nourrit les spéculations sur d’éventuels calculs politiques ou repositionnements stratégiques au sein de la majorité présidentielle.
Quelques jours plus tard, nouveau rebondissement : porté par la majorité parlementaire, Ousmane Sonko est élu président de l’Assemblée nationale, devenant ainsi le patron de la deuxième institution du pays. Une désignation célébrée par les militants de Pastef comme une victoire politique majeure et une démonstration de force.
Là encore, plusieurs figures politiques connues pour leur proximité avec Sonko n’ont affiché aucune réaction publique notable. Ni message officiel, ni déclaration médiatisée de félicitations. Un silence qui contraste avec l’activisme politique observé auparavant autour du leader de Pastef.
Cette situation soulève désormais plusieurs interrogations dans l’opinion publique : assiste-t-on à une recomposition silencieuse des alliances politiques autour du pouvoir ? Certains alliés cherchent-ils à préserver leurs positions institutionnelles au détriment de leur engagement politique initial ?
Au Sénégal, la politique est souvent faite de rapports de force, d’intérêts et de repositionnements stratégiques. Les prochains mois permettront sans doute de mieux comprendre les motivations derrière ces silences devenus, pour certains observateurs, aussi éloquents que des prises de parole.
Le silence ne va trop durer. Les indécis attendent la formation du gouvernement pour se positionner. Le temps déterminera les vrais et les faux.
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