Que change le limogeage d’Ousmane Sonko dans l’équilibre politique au Sénégal ? Depuis la décision de Bassirou Diomaye Faye de mettre fin aux fonctions de son Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement, les deux anciens compagnons de lutte avancent désormais séparément, avec en perspective les élections locales de 2027 et la présidentielle de 2029.
Dans la coalition Diomaye Président, des divergences anciennes sont désormais assumées. Ameth Dieng, membre de cette coalition, a expliqué qu’une collaboration durable entre les deux hommes était devenue impossible. Il a affirmé que le chef de l’État était resté calme pendant de longs mois, alors que les désaccords s’exprimaient publiquement. Cette séquence, comme l’écrit RFI Afrique, marque l’ouverture d’une nouvelle phase où le rapport de forces politique doit être redéfini.
Le contraste est net avec les mois précédents. En mars 2026 déjà, la coalition Diomaye Président consolidait sa base autour du chef de l’État, tandis que des proches comme Aminata Touré et Abdourahmane Diouf critiquaient publiquement Ousmane Sonko. En avril 2025, Bassirou Diomaye Faye avait aussi annoncé vouloir un « Premier ministre super fort », dans le cadre d’une réforme des prérogatives entre le président et le chef du gouvernement. Cette réforme relevait d’un autre dossier institutionnel, mais elle s’inscrivait dans un climat de tensions latentes entre les deux têtes de l’exécutif.
Au sein du Pastef, les premiers effets se sont fait sentir dès le lendemain du limogeage. Le directeur du musée des Civilisations noires et le directeur de la Sonacos ont annoncé leur départ. Dans le même temps, le parti d’Ousmane Sonko conserve une large majorité à l’Assemblée nationale, un élément qui peut peser sur la conduite de l’action gouvernementale. Me Abdoulaye Tall, porte-parole du Pastef, soutient toutefois que les institutions continuent de fonctionner normalement et que l’Assemblée exercera son rôle de contrôle de l’action gouvernementale.
Ousmane Sonko a lui-même réagi peu après son limogeage par un message publié sur X : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui. » Le Pastef se projette déjà sur la suite de son calendrier interne. Un congrès du parti est annoncé pour le 6 juin, avec un seul candidat à la présidence du parti : Ousmane Sonko.