Avant cette réforme, la situation judiciaire d’Ousmane Sonko alimentait déjà le débat sur sa capacité à se présenter à une future élection présidentielle au Sénégal.
Le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué une loi qui modifie plusieurs dispositions du code électoral. Le texte, adopté une seconde fois par l’Assemblée nationale le 9 mai, ouvre la voie à une éventuelle candidature du Premier ministre Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. Il prévoit aussi une application rétroactive de ces nouvelles dispositions.
Une réforme qui ravive un débat déjà présent
Cette séquence a créé des remous au sein même du Pastef. Dans un contexte marqué par des spéculations sur les rapports entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, certains responsables du camp au pouvoir ont critiqué la décision. D’après le récit publié par Yenisafak, des voix internes ont accusé le chef de l’État de chercher à freiner la réforme et de nourrir des ambitions présidentielles pour 2029.
Le dossier renvoie aussi à l’épisode de 2024. À l’époque, Ousmane Sonko avait désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat de remplacement. Ce dernier avait ensuite remporté l’élection présidentielle. Les deux hommes, compagnons politiques de longue date, ont toutefois laissé apparaître plusieurs divergences ces derniers mois, ce qui a renforcé les interrogations sur l’équilibre du pouvoir au sein du Pastef et sur la succession politique en vue de 2029.
Ousmane Sonko avait été condamné en appel en mai 2023 à six mois de prison avec sursis, avec des dommages et intérêts, dans une affaire de diffamation liée à une plainte déposée par un ancien ministre du régime précédent. Malgré cela, il a été élu député lors des élections législatives de novembre 2024, avant de renoncer à ce mandat pour rester à la Primature. Pour plusieurs responsables du Pastef, cette élection législative constituait déjà un argument en faveur de son éligibilité, rappelle encore Yenisafak.