À l’issue de l’adoption de la proposition de révision constitutionnelle par l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a retracé tout le processus ayant conduit à cette réforme. Il a affirmé que le texte adopté est l’aboutissement d’un engagement politique de longue date et a vivement critiqué les modifications opérées, selon lui, par le président de la République.
« Ce processus ne date pas d’aujourd’hui. Il a commencé avec le dialogue politique et même avant, avec notre serment politique de 2014 », a déclaré le Premier ministre. Selon lui, les dispositions adoptées « ont traversé toutes nos campagnes électorales, des législatives de 2017 à la présidentielle de 2024 ».
Le dialogue a bien eu lieu
Répondant aux critiques réclamant une nouvelle concertation, Ousmane Sonko estime que cette exigence relève de « la diversion ».
» Le dialogue est important, mais il n’est pas institutionnel. Il a eu lieu. Pratiquement toutes les dispositions de cette réforme en sont issues. »
Il rappelle que les conclusions du dialogue ont été remises au président de la République avant d’être confiées à un comité de juristes chargé de leur traduction juridique.
« Le président m’a ensuite remis les textes sur une clé USB et m’a demandé de mettre en place une équipe pour les affiner. Pendant quatre à cinq mois, nous avons travaillé, parfois toute la journée, y compris durant le Ramadan. Dire aujourd’hui que ces textes sont tombés du ciel relève de la désinformation. »
Une seule personne ne peut pas choisir ce qui lui convient
Le président de l’Assemblée nationale accuse ensuite le président de la République d’avoir écarté certaines dispositions qui ne lui convenaient pas.
« S’il y a eu tripatouillage, il vient du président de la République. Il a pris le texte pour regarder ce qui l’arrangeait et ce qui ne l’arrangeait pas. La Constitution n’appartient pas à Bassirou Diomaye Faye. »
Il cite notamment la déclaration de patrimoine à la fin du mandat et l’interdiction pour le chef de l’État d’être président de parti.
« Au nom de quoi une seule personne peut-elle faire le tri entre les dispositions qui lui conviennent et celles qui ne lui conviennent pas ? Cela est inadmissible. »
Le pouvoir constituant, c’est l’Assemblée nationale
Ousmane Sonko soutient que le chef de l’État ne dispose pas du pouvoir constituant.
« Le président n’est pas un pouvoir constituant. Le pouvoir constituant dérivé, c’est l’Assemblée nationale. Le pouvoir constituant originaire, c’est le peuple lorsqu’il est convoqué par référendum. »
Il reproche également au président d’avoir sollicité l’avis du Conseil constitutionnel après avoir modifié le texte.
« Beaucoup de choses se sont passées à cette étape. Au nom de la raison d’État, je les garderai pour moi. Mais nous savons tous ce qui s’est passé. »

