Les prêts du FMI au Sénégal sont au cœur d’une série d’interrogations et de propositions portant sur le financement public, la souveraineté économique et les politiques sociales.
L’analyse rappelle que le Sénégal a bénéficié de prêts du Fonds monétaire international durant les périodes qui ont suivi les alternances de 2000 et de 2012. Elle cite notamment la construction d’infrastructures, les aides accordées aux étudiants, l’augmentation des salaires des fonctionnaires, le lancement de la GOANA et la mise en place des bourses familiales.
Pour la période ouverte en avril 2024, l’auteur évoque une dette supérieure à 100 % du PIB et une absence de prêt du FMI pendant au moins deux ans. Il relève aussi la baisse successive de certaines denrées de première nécessité, la réduction du prix du carburant à un moment donné, des recrutements dans plusieurs niveaux de l’enseignement, le paiement de la dette et l’obtention de financements innovants. Ces éléments sont présentés dans une analyse publiée par lesoleil.sn, selon EnQuête+.
Des questions sur les conditions de financement
Le document s’interroge sur la situation de pays classés parmi les moins avancés qui bénéficient de prêts du FMI depuis plusieurs décennies sans sortir de cette catégorie. Il questionne également les conditions attachées aux prêts lorsqu’un demandeur est considéré comme solvable, ainsi que la durée de l’interruption des financements accordés à un pays membre présenté comme résilient face à la dette.
Diversifier les ressources et renforcer la production locale
Parmi les pistes avancées figurent la diversification permanente des mécanismes de financement et des partenaires financiers, ainsi que l’inscription des bourses familiales dans le budget national. L’analyse recommande aussi d’accélérer la souveraineté alimentaire en développant la production locale, en installant des unités industrielles complémentaires et en prévoyant des structures publiques capables d’acheter une partie des récoltes pour les mettre à la disposition des populations.
Elle propose également d’associer les entreprises à l’achat de la production locale et à la construction de lieux de stockage, notamment dans le cadre de la responsabilité sociétale, territoriale et élargie des producteurs. La migration circulaire, le renforcement de la formation professionnelle dans les communes, la prise en compte de la démographie dans les planifications et la valorisation des déchets solides figurent parmi les autres suggestions.
Le document préconise enfin de réduire progressivement le recours des structures de l’État aux maisons conventionnées, de lutter contre l’érosion côtière, de combiner ouvrages de protection et solutions fondées sur la nature, et de faire du Sénégal un hub sanitaire.
La façade maritime sénégalaise s’étend sur 718 kilomètres.
