Pourquoi le Sénégal reste dans le top 10 africain des dettes au FMI

L’endettement africain auprès du Fonds monétaire international (FMI) reste un indicateur clé des fragilités macroéconomiques du continent. Selon les dernières données disponibles sur les encours de crédit, dix pays concentrent l’essentiel des engagements africains envers l’institution de Bretton Woods. Et le Sénégal fait également face aux exigences du FMI (Top 10 African countries with the highest debt to the IMF)

En tête du classement, l’Égypte domine largement avec près de 9 milliards de dollars dus au FMI. Le pays fait face à de fortes pressions inflationnistes et à des déséquilibres extérieurs persistants.

Derrière Le Caire, le Kenya, l’Angola, la Côte d’Ivoire et le Ghana affichent chacun des engagements oscillant entre 2 et 3 milliards de dollars. Ces économies ont eu recours à l’appui du FMI pour soutenir leurs finances publiques, stabiliser leurs monnaies ou accompagner des programmes de réformes structurelles.

La deuxième moitié du tableau est occupée par la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Maroc, le Cameroun et le Sénégal, avec des montants compris entre 1 et 2 milliards de dollars.

FMI et Sénégal : un encours de plus d’un milliard de dollars

Le Sénégal figure régulièrement dans le Top 10 des pays africains les plus endettés auprès du FMI, en clôture de classement avec un encours de crédit qui avoisine ou dépasse 1 milliard de dollars selon les estimations disponibles.

En 2024‑2025, le FMI a suspendu un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars après la découverte d’une dette cachée de plusieurs milliards de dollars par les autorités sénégalaises — ce qui a fait bondir le ratio de la dette publique à plus de 130 % du PIB et complexifié les relations entre Dakar et l’institution internationale.

Dans ce contexte, le Sénégal cherche à renégocier un nouvel accord tout en gérant une pression budgétaire accrue, et utilise aussi davantage les marchés régionaux pour lever des financements à court terme.

Un recours devenu structurel

Ces chiffres traduisent moins une « faillite » qu’un recours régulier aux mécanismes de financement d’urgence ou d’ajustement économique du FMI. Toutefois, ces programmes s’accompagnent souvent de conditions strictes : réduction des subventions, réformes fiscales ou restructurations budgétaires, parfois impopulaires.

Enjeu politique et social

Dans plusieurs pays, l’endettement auprès du FMI alimente le débat public. Les critiques portent sur la souveraineté économique et l’impact social des réformes exigées. D’autres y voient au contraire un levier de crédibilité financière et un filet de sécurité face aux chocs extérieurs.

En somme, ce classement illustre les tensions persistantes entre besoins de financement, stabilité macroéconomique et exigences sociales sur le continent africain.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire