Ousmane Sonko : la hausse du carburant relève d’un ajustement imposé de l’extérieur

Lors de l’entretien accordé hier à des médias privés, dont WalfTV, Ousmane Sonko a analysé la récente augmentation des prix des carburants. Selon senenews, le président de l’Assemblée nationale y voit une étape de l’ajustement structurel engagé pour redresser les comptes publics, dans le prolongement de recommandations du FMI. Le gouvernement cherche notamment à réduire les subventions énergétiques, jugées coûteuses et insuffisamment ciblées.

« Ce qu’ils ont commencé là, c’est un ajustement structurel », a déclaré Ousmane Sonko. Il estime que cette hausse pourrait être suivie d’autres mesures pesant sur les populations et rappelle qu’il avait refusé, lorsqu’il dirigeait le gouvernement, que ces réformes soient menées au détriment des citoyens. Cheikh Diba, alors ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, avait confirmé ce refus : « La réponse du Premier ministre a été jusqu’ici négative ».

Dans ses explications, Ousmane Sonko lie la hausse du carburant à la fiscalité appliquée au secteur de l’énergie. Il affirme que les taxes représentent entre 40 et 50 % des prix et que cinq prélèvements entrent dans la composition du tarif. Il soutient qu’une baisse des impôts aurait dû précéder une diminution des subventions, afin de rechercher un nouvel équilibre.

Le leader de Pastef considère également que les recettes fiscales issues des hydrocarbures doivent être mises en regard du coût des subventions. Il affirme que l’État encaisse davantage en taxes sur les hydrocarbures qu’il ne dépense en subventions, en citant le montant de 212 milliards de francs CFA. Pour lui, les décisions économiques doivent être guidées par la compassion et l’intérêt général, plutôt que par les seules statistiques ou les exigences des partenaires extérieurs.

Ousmane Sonko affirme par ailleurs que, depuis sa sortie du gouvernement, les autorités se seraient préparées à augmenter les prix. « Il faut que l’État prenne sa part de sacrifice », a-t-il déclaré, en rappelant que « diriger un pays doit être guidé par l’intérêt général ».

Ousmane Sonko affirme enfin que la Présidence dispose d’un fonds de 7 956 milliards de francs CFA et que ces fonds auraient dépassé 11 milliards en 2024, en soulevant la question de leur encadrement.

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