À Dakar, la hausse des prix du carburant alimente les critiques politiques et sociales. Le Premier ministre Ousmane Sonko la présente comme une étape de l’ajustement structurel engagé pour redresser les comptes publics, tout en soutenant que l’État ne peut pas faire peser l’intégralité de l’effort sur les ménages.
Le gouvernement veut réduire les subventions énergétiques, considérées comme coûteuses et insuffisamment ciblées. Il défend une évolution des tarifs à la pompe qui tienne compte des cours internationaux du pétrole et des marges budgétaires disponibles. Cette orientation intervient alors que le diesel et l’essence renchérissent les coûts du transport, de la logistique et des produits consommés par les ménages.
Pour mesurer l’ampleur de l’enjeu, Ousmane Sonko affirme que l’État encaisse davantage en taxes sur les hydrocarbures qu’il ne dépense en subventions. Il cite 212 milliards de francs CFA de subventions contre 450 milliards de recettes fiscales en 2021, puis 467 milliards de subventions contre 682 milliards de recettes fiscales en 2024. Pour 2025, il avance 380 milliards de subventions et 765 milliards de taxes.
Selon Seneweb, Ousmane Sonko a réaffirmé sa détermination à aller au bout de cet ajustement, a rapporté Africtelegraph. Il dénonce toutefois une hausse préparée depuis sa sortie du gouvernement et appelle l’État à prendre sa part de sacrifice. La mesure s’inscrit dans la politique budgétaire portée par l’exécutif formé autour du président Bassirou Diomaye Faye et du chef du gouvernement depuis leur arrivée au pouvoir en avril 2024.
Le pouvoir met en avant les difficultés révélées par l’audit des finances publiques publié en 2024. Celui-ci a fait état d’un endettement et d’un déficit supérieurs aux montants communiqués sous la présidence de Macky Sall. Les discussions avec le Fonds monétaire international restent liées à la clarification de ces données.
La réduction des soutiens aux hydrocarbures est donc suivie par les bailleurs, les investisseurs et les agences de notation. Ousmane Sonko avertit qu’une nouvelle hausse pourrait porter les subventions à plus de 1 000 milliards de francs CFA, dans un budget d’environ 5 000 milliards. Elle expose aussi l’exécutif à une contestation des transporteurs, des associations de consommateurs et d’une partie de l’opposition, qui dénoncent une pression accrue sur le coût de la vie.
La communication gouvernementale annonce une réorientation des ressources vers les dépenses sociales ciblées et les investissements productifs. Le Sénégal a également commencé la production de pétrole à Sangomar et de gaz à Grand Tortue Ahmeyim, exploité conjointement avec la Mauritanie.

Le vrai mal du Sénégal c’est sa presse gangrenée par la pourriture.