À Dakar, la CDP appelle à bâtir une économie numérique de confiance

Lundi à Dakar, Ousmane Thiongane a placé la protection des données personnelles au cœur de la transformation numérique africaine. Le président de la Commission de protection des données personnelles (CDP) s’exprimait à l’ouverture d’un atelier consacré à la gouvernance des données.

La rencontre se poursuit jusqu’au 10 septembre. Elle réunit une dizaine d’autorités africaines francophones chargées de la protection des données, sous l’égide du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), avec l’appui de la coopération allemande.

Pour Ousmane Thiongane, la confiance conditionne l’adoption durable des services numériques. « Une économie numérique sans confiance ne peut être durable », a-t-il déclaré. Il a également interrogé la capacité du continent à devenir à la fois une Afrique de la donnée, de l’innovation et de la confiance.

Concilier innovation et protection

L’intelligence artificielle, les plateformes numériques et les transferts de données entre pays obligent les États africains à revoir leurs mécanismes de gouvernance. L’enjeu consiste à faciliter la circulation et la valorisation des données sans affaiblir les droits et libertés des citoyens.

Ces données sont désormais utilisées dans plusieurs domaines, dont la recherche scientifique, la santé, l’éducation, les services publics et le développement économique. Les autorités de protection doivent donc participer davantage à la conception des politiques publiques liées au partage des données et aux transferts transfrontaliers.

La protection des données doit ainsi accompagner la construction d’une économie numérique de confiance, plutôt que freiner l’innovation. La CDP entend partager à Dakar l’expérience sénégalaise en matière de contrôle, de conformité et de sensibilisation.

Une coopération à l’échelle du continent

Le président de la CDP a aussi appelé les pays africains à intensifier leurs échanges, à apprendre les uns des autres et à avancer vers une harmonisation progressive de leurs législations. Il a plaidé pour des réponses africaines aux défis africains liés aux données.

Cette coordination prend une importance particulière avec le développement rapide de l’intelligence artificielle. Ousmane Thiongane estime que les pays africains doivent pouvoir valoriser leurs propres données et disposer de cadres favorisant la création de solutions adaptées à leurs réalités.

La rencontre de Dakar doit également permettre aux autorités participantes de comparer leurs pratiques et de renforcer leur efficacité, rapporte Socialnetlink.

En mai 2026, 24 délégations africaines avaient adopté à Abidjan une feuille de route couvrant la période 2026-2030.

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