Face à la recrudescence des cyberattaques, Gérard Dacosta plaide pour une réforme profonde de la gouvernance sécuritaire et numérique du Sénégal. Selon l’expert en cybersécurité, spécialiste en cyberdéfense et souveraineté numérique, l’État doit d’abord clarifier les responsabilités institutionnelles afin de mieux coordonner la réponse face aux menaces.
« Le cadre gouvernemental en matière de sécurité au Sénégal est éclaté. On ne connaît pas qui est responsable de quoi », déplore-t-il. Pour remédier à cette situation, l’expert propose le renforcement d’une véritable autorité nationale de sécurité capable d’assurer la coordination stratégique des dispositifs de cybersécurité.
Gérard Dacosta rappelle par ailleurs l’existence de la DTP, qu’il présente comme une structure chargée des questions de sécurité, mais encore méconnue du grand public. Selon lui, « ce déficit doit être réglé » afin d’installer une architecture sécuritaire plus efficace et cohérente.
L’expert appelle également à une actualisation du cadre juridique. « On a une loi sur la cybersécurité et une loi sur la protection des personnes, mais il y a aujourd’hui de nouvelles technologies », souligne-t-il.
Il estime ainsi nécessaire de moderniser les textes afin qu’ils prennent en compte les nouvelles réalités numériques et les enjeux liés à la protection des données, aux infrastructures critiques et à la gestion des risques.
Pour M. Dacosta, la cybersécurité ne doit pas se limiter aux aspects techniques. « Il faut avoir un cadre réglementaire et logique qui couvre les aspects techniques, organisationnels, mais aussi business », insiste-t-il, estimant qu’un environnement numérique sécurisé constitue aussi un facteur de confiance économique.
Gérard Dacosta met également en avant la question de la souveraineté numérique. Il estime que la dépendance aux financements extérieurs constitue une fragilité stratégique pour le Sénégal.
« Comment peut-on être souverain si nos financements dépendent de l’extérieur ? », interroge-t-il. Il appelle ainsi l’État à créer un fonds national dédié à la cybersécurité, financé localement et indépendant des puissances étrangères.
« Tant que cela est alimenté par des puissances étrangères, on ne pourra pas parler de véritable souveraineté numérique », ajoute t-il.
