Offensive numérique au Forum de Dakar, la matière première ciblée par Gainde 2000 pour affranchir l’Afrique

Au deuxième jour du 10e Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, qui s’est ouvert le lundi 20 avril au Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD), la question de la souveraineté numérique africaine s’est imposée au cœur des débats. Un panel stratégique a mis en évidence l’urgence pour le continent de sécuriser ses systèmes d’information face aux nouvelles menaces cybernétiques.

L’information constitue désormais un champ de bataille déterminant pour la stabilité des États. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cet atelier, coanimé par le Dr Papa Gueye, commissaire divisionnaire et expert international en cybersécurité, et Ibrahima Nour Eddine Diagne, administrateur général de Gainde 2000, a rappelé que la guerre moderne se déploie dorénavant dans les espaces numériques et cognitifs. L’intelligence artificielle (IA) y joue un rôle d’accélérateur, déplaçant les affrontements du terrain physique vers les réseaux de communication.

Face à cette mutation, le Dr Papa Gueye a souligné la nécessité d’une anticipation stratégique. L’ancien chef de la brigade spéciale de lutte contre la cybercriminalité estime que l’avantage revient à celui qui agit avec la plus grande précision et rapidité. Toutefois, il a mis en garde contre la vulnérabilité des systèmes intelligents et la dépendance aux technologies étrangères. Pour y remédier, il préconise la création de cellules nationales dédiées à l’IA appliquée à la défense, affirmant que la première richesse stratégique face à ces défis demeure le capital humain.

De son côté, Ibrahima Nour Eddine Diagne a livré une analyse pragmatique des capacités continentales. D’après Sud Quotidien, le dirigeant de Gainde 2000 a illustré la difficulté de dompter ces nouveaux outils en affirmant que vouloir contrôler l’IA reviendrait à « prétendre contrôler les étoiles ». Il a ainsi désigné la maîtrise des données comme la véritable matière première sur laquelle l’Afrique doit impérativement asseoir sa souveraineté.

Cette sécurisation des datas se heurte cependant à une réalité structurelle : de nombreux pays africains ont déjà concédé la gestion de leurs infrastructures critiques, limitant de fait leur marge d’innovation. Alertant sur l’exposition des jeunes générations aux manipulations informationnelles dans des environnements virtuels non régulés, M. Diagne a appelé à une refonte de la gouvernance technologique pour favoriser l’émergence de champions numériques capables de rivaliser à l’échelle mondiale.

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