Les épices utilisées dans les cuisines sénégalaises ne sont pas toujours aussi inoffensives qu’on le pense. Une vaste étude menée par l’École supérieure polytechnique (ESP) de l’Université Cheikh Anta Diop, en collaboration avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire française (ANSES), révèle une contamination microbiologique alarmante des condiments vendus sur les marchés. Selon les informations rapportées par exclusif, 73,96 % des échantillons analysés étaient porteurs de Staphylococcus aureus, une bactérie responsable de toxi-infections alimentaires.
Les travaux, dévoilés lors de la 5ᵉ Journée scientifique de la sécurité sanitaire des aliments à Dakar, montrent que la contamination ne s’arrête pas là. Les analyses ont également mis en évidence la présence de streptocoques du groupe D (63,86 %), de Clostridium perfringens (23,27 %), d’Escherichia coli (17,82 %) et de salmonelles (5,45 %) dans les 202 prélèvements examinés. Pour les épices locales, la situation est encore plus préoccupante : Bacillus cereus a été retrouvé dans 100 % des 30 échantillons testés, avec de nombreuses souches porteuses de gènes de virulence. Lors de la même journée, d’autres études avaient déjà alerté sur la qualité de l’eau en sachet (82 % impropre à la consommation) et la présence de pesticides dans 72 % des sols de culture du piment dans les Niayes.
Les scientifiques pointent du doigt des pratiques agricoles non maîtrisées, des défauts d’hygiène lors du séchage et de la transformation, ainsi que des conditions de stockage et de commercialisation inadaptées. Face à ces résultats, ils préconisent un contrôle rigoureux à toutes les étapes de la filière et l’instauration de normes sanitaires plus exigeantes. L’étude, qui a couvert les régions de Dakar, Thiès, Saint-Louis et Ziguinchor, s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, placée cette année sous le thème « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs ».
