À Dakar, sur les marchés Petersen, Môle 10 et Kermel, 133 prélèvements ont révélé que 22,6 % des échantillons de riz et de mil dépassaient les seuils autorisés en aflatoxines, des contaminants cancérigènes. Une situation qui inquiète, mais qui n’est pas imputable aux productions locales, tient à préciser Babacar Beye, chef du Laboratoire des mycotoxines de l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA). « C’est du riz importé thaïlandais, ce n’est pas du riz local », a affirmé le chercheur, joint par Rts.
Le responsable rappelle que l’Union européenne fixe une limite de 2 microgrammes par kilogramme pour certaines aflatoxines et 4 pour la teneur totale. Le Sénégal, qui ne dispose pas encore de normes nationales spécifiques, s’appuie selon les cas sur les standards du Codex Alimentarius ou d’autres référentiels. Or, l’aflatoxine présente un danger supplémentaire : la cuisson ne l’élimine pas. « Ce sont des molécules thermorésistantes qui supportent la chaleur », a expliqué Babacar Beye, contrairement à l’arachide où un tri manuel permet de réduire la contamination.
Ces analyses s’inscrivent dans le plan national de surveillance de la contamination des céréales, défini par le Comité national du Codex Alimentarius avec l’appui technique de la FAO. Pour la première fois, l’ITA intervient comme prestataire chargé des prélèvements. La campagne cible en priorité les régions de Dakar, Thiès et Kaolack, a précisé le spécialiste.
