Monsieur le Président,
Vous avez récemment employé des termes à l’égard d’Ousmane Sonko qui ont profondément interpellé les militants patriotes. Vous avez notamment parlé d’un homme « belliqueux ».
Nous avons entendu ce mot.
Et puisque vous l’avez prononcé, permettez-nous, avec tout le respect que nous vous devons, de vous rappeler certaines réalités de notre histoire commune.
L’homme que vous qualifiez aujourd’hui de « belliqueux » est le même homme qui, depuis 2021, a affronté un système politique puissant alors que beaucoup avaient choisi de se taire.
C’est cet homme qui a fait face à l’ancien régime lorsque le Sénégal traversait une période particulièrement difficile. C’est autour de lui que des milliers de jeunes Sénégalais se sont mobilisés pour défendre la démocratie, la justice et la liberté.
Et lorsque le pays était au bord de la tension, lorsque beaucoup craignaient le pire, c’est pourtant cet homme que vous qualifiez aujourd’hui de « belliqueux » qui a tenu un discours d’apaisement et demandé aux Sénégalais de rester mobilisés tout en laissant le processus politique aller jusqu’à l’élection.
Nous étions là.
Nous avons vu.
Nous avons vécu cette période.
Et nous n’oublierons jamais.
Monsieur le Président,
Vous avez cheminé aux côtés d’Ousmane Sonko pendant plus de dix ans. Pendant toutes ces années de compagnonnage politique, vous avez travaillé avec lui, combattu avec lui et défendu ensemble les mêmes idéaux.
Jamais, durant toutes ces années, vous ne l’avez publiquement présenté comme un homme « belliqueux ».
Au contraire, vous étiez à ses côtés lorsque le combat était difficile.
Vous étiez à ses côtés lorsque notre parti traversait les moments les plus sombres.
Vous étiez à ses côtés lorsque beaucoup de personnes avaient peur d’assumer publiquement leur engagement.
Et aujourd’hui, le même homme que vous qualifiez de « belliqueux » est celui avec qui vous avez partagé plus d’une décennie de combat et de fraternité politique.
Vous avez même donné à votre fils le prénom d’Ousmane.
Et vous avez donné à votre dernière fille le prénom de la mère d’Ousmane Sonko.
Ces symboles appartiennent à votre histoire personnelle et familiale. Nous ne les utilisons pas pour vous juger, mais simplement pour rappeler qu’une relation aussi profonde ne peut pas être effacée par des mots prononcés dans le contexte politique du moment.
Monsieur le Président,
Nous vous demandons également de vous rappeler ce que notre peuple a vécu.
Rappelez-vous les événements qui ont marqué notre pays.
Rappelez-vous les arrestations.
Rappelez-vous les emprisonnements.
Rappelez-vous les jeunes qui ont perdu leur vie.
Rappelez-vous les familles brisées.
Rappelez-vous les sacrifices consentis par ceux qui ont refusé de se soumettre.
Rappelez-vous les conséquences politiques et sociales de la période que nous avons traversée.
Vous connaissez cette histoire mieux que beaucoup d’entre nous, parce que vous l’avez vécue de l’intérieur.
C’est pourquoi nous ne comprenons pas qu’aujourd’hui, alors que nous avons enfin l’opportunité de construire un Sénégal plus apaisé, plus juste et plus démocratique, nous puissions assister à des tensions entre des hommes qui étaient hier encore des compagnons de combat.
Monsieur le Président,
Nous n’avons aucun problème à ce que vous assumiez vos choix politiques.
Nous respectons votre fonction de Président de la République.
Nous respectons les institutions de la République.
Nous respectons la fonction présidentielle.
Mais nous vous demandons également de respecter les militants, les citoyens et l’histoire de notre combat.
Nous ne souhaitons pas voir notre pays replonger dans les divisions et les tensions politiques.
Le Sénégal a besoin de paix.
Le Sénégal a besoin de stabilité.
Le Sénégal a besoin de sérénité.
Et cette paix doit commencer par les responsables politiques eux-mêmes.
Elle doit commencer par ceux qui ont aujourd’hui la responsabilité de diriger le pays.
Nous vous demandons donc, Monsieur le Président, de privilégier le dialogue, l’apaisement et la responsabilité.
Le Sénégal n’appartient ni à un parti, ni à un homme, ni à un camp.
Le Sénégal appartient à son peuple.
Et c’est précisément pour cette raison que nous pensons que le calendrier électoral doit être respecté et que toutes les prochaines échéances électorales doivent se dérouler dans des conditions libres, transparentes et démocratiques.
Nous ne voulons pas d’un Sénégal divisé.
Nous ne voulons pas d’un Sénégal où les militants d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui.
Nous ne voulons pas d’un Sénégal où les insultes et les accusations remplacent le débat politique.
Nous voulons un Sénégal où chacun peut exprimer ses convictions librement, dans le respect de l’autre.
En tant que militant de PASTEF – Les Patriotes, je resterai fidèle à mes convictions et à mes principes.
Je resterai fidèle au projet pour lequel nous nous sommes battus.
Et je continuerai à respecter Ousmane Sonko, mon président de parti, celui qui a porté notre combat dans les moments les plus difficiles.
Cette fidélité n’est pas une haine envers le Président Diomaye.
Cette fidélité n’est pas un appel à la confrontation.
C’est simplement le droit d’un militant de rester cohérent avec ses convictions et avec l’histoire politique qu’il a choisie.
Monsieur le Président,
Nous vous demandons simplement de ne pas oublier que les Sénégalais observent, analysent et jugeront.
L’histoire retiendra les paroles, mais elle retiendra surtout les actes.
Le moment venu, le peuple sénégalais saura apprécier le parcours de chacun et porter son propre jugement.
Pour notre part, nous continuerons de croire en un Sénégal souverain, juste, démocratique et prospère.
Nous souhaitons que le Président de la République et le président de notre parti puissent toujours privilégier la responsabilité et l’intérêt supérieur de la Nation.
Que chacun fasse preuve de hauteur.
Que chacun évite les provocations.
Que chacun protège la paix de notre pays.
Le Sénégal avant les intérêts personnels.
Le projet avant les ambitions individuelles.
La paix avant les querelles.
PASTEF vivra.
PASTEF vaincra.
Ousmane Sonko, Président de la République en 2029
L’avenir appartient au peuple sénégalais.
Ex Ngagne Diop
