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Rupture Sonko-Diomaye : l’ex-Premier ministre écarte une « déchirure » du Sénégal et affiche ses ambitions pour 2029

« Je ne pense pas qu’il y ait querelle. Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques que nous pouvons avoir. » C’est par ces mots qu’Ousmane Sonko, ex-Premier ministre limogé fin mai 2026 et élu depuis président de l’Assemblée nationale, a tenté de rassurer sur sa relation avec Bassirou Diomaye Faye, lors d’un entretien accordé à RFI et France 24. Pourtant, les appels à l’unité se multiplient : Cheikh Mbacké Massamba, chargé de mission, a rappelé à Diomaye Faye leur parcours commun et les épreuves partagées avec Sonko, un message fort adressé au chef de l’État pour préserver la cohésion du camp Pastef.

Interrogé sur les tensions qui agitent le pouvoir, Sonko a affirmé qu’il n’y aura « pas de déchirure du pays » malgré des divergences « politiques, programmatiques ». Revenant sur son limogeage, il a préféré mettre en avant sa nouvelle fonction : « Le peuple sénégalais a renouvelé sa confiance en nous donnant cette majorité écrasante à l’Assemblée nationale et, par anticipation, en me désignant à la tête de cette prestigieuse institution. »

Trahison du projet Pastef et avenir politique

Sonko a accusé le chef de l’État d’avoir « dévoyé » les engagements pris durant l’opposition. « Je considère aujourd’hui que les engagements que nous avons pris vis-à-vis du peuple sénégalais, pour la plupart, ne sont pas respectés », a-t-il déclaré, tout en refusant de parler de « trahison », terme qu’il renvoie à la morale. Quant à une éventuelle exclusion de Diomaye Faye du Pastef, il a renvoyé la décision aux instances du parti : « Nous n’en sommes pas encore là. »

Sur la présidentielle de 2029, Sonko a estimé que son bilan de Premier ministre « parle pour lui-même » et concentre désormais ses énergies sur le rôle de l’Assemblée. Il a également précisé que la censure du gouvernement reste une option, mais pas « pour régler des comptes ou affaiblir une action ». « Si des cas nécessitent une censure, c’est une prérogative constitutionnelle, nous n’hésiterons pas à l’utiliser », a-t-il averti.

Cet entretien, rapporté par Rewmi, intervient dans un climat politique tendu, marqué par la rupture entre les deux hommes qui ont porté Pastef au pouvoir en 2024. Par ailleurs, Sonko a récemment répliqué à la France qui critiquait la loi sénégalaise sur l’homosexualité : « Si eux ont opté pour ces pratiques, c’est leur problème, mais le Sénégal n’a aucune leçon à recevoir. » Il avait déjà mis en garde contre la banalisation de l’homosexualité lors des assises nationales des Daaras, liant la question à des pressions économiques extérieures : « Des pays indexent le Sénégal pour l’asphyxier. »

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