« Le président s’est rendu compte qu’il s’était trompé » : Dr Moustapha Samb justifie le parti de Diomaye

Dr Moustapha Samb*, professeur titulaire des universités, ancien directeur des études du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), ancien porte-parole du SAES (Syndicat autonome de l’enseignement supérieur), actuel responsable de la formation doctorale du CESTI et président du Parti de la Renaissance africaine et du Développement (PRAD/Sénégal), s’est confié à Senego sur le processus de formation du parti du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Il livre également son analyse sur la visite de l’ancien président Macky Sall au Sénégal.

Le nouveau parti de Diomaye Faye peut-il faire face à Pastef ?

La gestion d’un État est une lourde responsabilité. Le président Diomaye Faye a été élu par les Sénégalais. Son parti politique d’origine n’a pas eu la patience de l’accompagner dans la fidélité et la loyauté. Il a donc été obligé de s’ouvrir à d’autres forces, et il a raison.

La politique, c’est l’addition et non la soustraction. Un parti politique doit recruter au maximum, mais attention à la massification aveugle et à outrance. Ce n’est pas un gage de victoire.

En effet, trois cents militants engagés avec conviction et détermination valent mieux que mille adhérents sans conviction, animés en plus par la recherche de sinécures. Heureusement, beaucoup de leaders ayant rejoint le président sont connus pour leur patriotisme.

Un parti au pouvoir attire, mais il lui faut des compétences intègres, patriotes et soucieuses de l’intérêt national. Cela signifie que, s’il y a en face des adversaires combattifs et animés d’une foi sincère dans leur engagement, nous, nouveau parti au pouvoir, devons davantage cultiver l’humilité, ne pas surestimer nos forces et poursuivre la bataille de la massification et du terrain, ainsi que celle de l’explication et de la communication en direction des populations et des forces vives de la nation.

En politique, il faut toujours se méfier de l’excès de confiance, surtout lorsqu’on est une organisation récente. Rien n’est définitivement acquis. L’électorat, au gré des conjonctures, bouge et fluctue. Il est également important de comprendre que ce nouveau parti répond à un impératif de gouvernabilité, mais qu’il doit aussi miser sur un bon bilan, car l’essentiel des électeurs n’appartient à aucun parti politique.

Le Sénégal compte 18 millions d’habitants, alors que l’ensemble des militants des partis politiques ne dépasse pas trois millions. Cela signifie que c’est le peuple qui élit. Pour ce faire, il faut présenter un bilan concret, voire positif.

Quel genre de nom souhaiteriez-vous pour ce nouveau parti de Diomaye Faye ?

Le nom du parti doit avoir une dénotation claire et agréable à prononcer. Mais il doit surtout avoir une connotation qui renvoie à la République, à la démocratie, à l’égalité des chances et à la justice sociale. Ce nom doit surtout être aux antipodes de ce qu’on appelle un « parti-État ».

Il nous faut un parti fondé sur le management participatif, la diffusion des responsabilités et l’ouverture vers les masses laborieuses. Un parti du peuple, par le peuple et pour le peuple. Un parti doit avoir une vision, une philosophie et un grand dessein pour son pays.

Et la visite du président Macky Sall ? Quelle lecture en faites-vous ?

C’est une très bonne nouvelle. Le Sénégal donne une bonne image au monde et le soutien de l’État du Sénégal grandit notre pays. Tant qu’il n’y a pas d’enquêtes sur ce qui s’est passé au Sénégal entre 2021 et 2024, tant qu’il n’y a pas de preuves étayées sur la culpabilité des uns ou des autres, on ne peut jeter l’anathème sur qui que ce soit.

Les règlements de comptes politiques sans preuves nous mènent à l’impasse. C’est tout à l’honneur du président Diomaye Faye de recevoir l’ancien chef de l’État du Sénégal, le président Macky Sall.

Et la vie de votre parti, le PRAD ?

Le parti s’organise et se massifie après une pause due à la maladie. Nous sommes en train de traverser une mutation, dans le cadre de la majorité présidentielle, en passant d’une coalition à un parti politique afin d’aboutir à une unité organique. Une coalition est, par définition, une entité diversifiée et électoraliste regroupant des partis autonomes. Une coalition n’a pas nécessairement d’animation ni de formation militante.

Or, un parti est une entité organique avec un seul chef. Le président Diomaye Faye, dont on a voulu dépouiller le statut symbolique de président d’honneur d’une coalition, a eu la bonne réaction et la plus appropriée en mettant sur pied un parti politique.

Pourquoi dites-vous cela, professeur ?

Parce que le président doit disposer d’un verrou politique et de ressources humaines de qualité pour l’accompagner dans sa mission, dans un contexte de bipolarisation, pour ne pas dire de confrontation, avec Pastef et une Assemblée nationale peu coopérative, voire hostile.

La création du parti n’est pas un reniement. D’abord, la loi n’interdit pas à un chef d’État de diriger un parti. Ensuite, le président, en renonçant à diriger un parti une fois au pouvoir, s’est rendu compte qu’il s’était trompé, de bonne foi. Les présidents Wade et Sall l’avaient bien compris. Dans le contexte africain, on ne peut pas tourner le dos à la politique parce qu’on est au pouvoir, alors que c’est grâce à la politique qu’on l’a conquis.

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Un commentaire

  1. la prostitution politique en marche au debut je pensais juste que c’etait un intellectuel neutre qui donne sa vision sur l’actualité politique ndékété coalition du traitre leu bokk

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