Le 22 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a limogé Ousmane Sonko. L’analyse publiée par yahoo.fr présente cette décision comme un basculement dans l’exercice du pouvoir au Sénégal. Elle y voit la fin d’un fonctionnement à deux têtes au sommet de l’exécutif et le retour d’une autorité concentrée autour du chef de l’État.
Le raisonnement développé s’appuie sur l’idée qu’un partage concurrent du pouvoir fragilise l’État. Le texte convoque Thomas Hobbes, pour qui la souveraineté ne se divise pas, ainsi que le général de Gaulle, cité pour sa conception d’une autorité de l’État entièrement confiée au président. Dans cette lecture, le renvoi du Premier ministre ne relève pas seulement d’un changement d’équipe gouvernementale, mais d’une rupture avec une configuration décrite comme une dyarchie, une grille de lecture également relayée par Dakaractu.
Cette séquence intervient après plusieurs signaux de tension apparus au fil des mois. Le 4 avril 2025, Bassirou Diomaye Faye avait annoncé vouloir réformer les prérogatives du chef de l’État et du Premier ministre, en disant souhaiter un « Premier ministre super fort ». Cette orientation avait été exprimée alors que des tensions latentes étaient déjà évoquées entre les deux têtes de l’exécutif. Dans le même temps, la place occupée par Ousmane Sonko dans l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en 2024 restait un élément central du rapport de force politique entre les deux hommes.
Le texte rapproche aussi l’épisode sénégalais d’autres précédents. Il cite notamment la rupture de 1976 entre Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac en France, présentée comme un conflit entre un président soucieux de garder la main et un Premier ministre disposant d’un espace politique propre. D’autres exemples sont évoqués, en Tunisie autour de Béji Caïd Essebsi et en Angola lors de la transition entre José Eduardo dos Santos et João Lourenço.
Sur le plan politique et administratif, l’analyse place désormais le choix du prochain chef de gouvernement au centre de la séquence. Elle avance l’hypothèse d’un profil technocratique, tourné vers les résultats macroéconomiques et l’efficacité administrative. Le texte ajoute que la crédibilité de cette nouvelle phase passerait par des réformes concrètes dans la justice, l’emploi des jeunes et la gestion transparente des ressources pétrolières et gazières. Le 4 avril 2025, Bassirou Diomaye Faye avait déclaré vouloir « des DG forts, des ministres forts, un Premier ministre super fort ».