Sénégal : près de 75 % des fonds levés placés sur trois et cinq ans

101,34 milliards de FCFA ont été retenus lors de l’adjudication du Sénégal du 11 septembre 2026. Le Trésor, qui visait 100 milliards, a reçu environ 109,02 milliards de soumissions.

Le changement le plus marqué concerne la durée des placements. Les investisseurs ont proposé 47,37 milliards sur les obligations assimilables du Trésor (OAT) à trois ans, dont 45,36 milliards ont été acceptés. À cinq ans, 30,19 milliards ont été proposés et presque entièrement retenus. À elles seules, ces deux maturités représentent près de 75 % des montants mobilisés.

Sur le marché financier régional du Sénégal, ce résultat contraste avec les adjudications des mois précédents. Le 14 août, seuls 920 millions de FCFA avaient été retenus sur les OAT à trois ans, contre 45,36 milliards le 11 septembre. Le 17 juillet, le pays n’avait par ailleurs levé que 90,25 milliards sur les 100 milliards recherchés (Lactuacho).

Cette amélioration intervient alors que la pression de financement reste élevée. La dette publique sénégalaise est estimée à environ 130 % du PIB et les besoins bruts de financement devraient atteindre près de 25 % du PIB en 2026. Depuis le début de l’année, le Sénégal a déjà levé environ 8 % du PIB sur le marché régional, ce qui donne à cette adjudication une portée particulière malgré le montant limité des soumissions excédentaires.

Cette évolution intervient après le lancement, le 1er septembre, du Plan de traitement de la dette du Sénégal et la conclusion d’un accord technique avec le FMI sur un programme de 36 mois évalué à environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 243 milliards de FCFA. Les discussions avec le Fonds avaient officiellement débuté lors des Assemblées annuelles d’octobre 2025, tandis qu’une mission séjournait encore à Dakar en août 2026 pour négocier le nouveau programme et préciser les réformes attendues, notamment sur la dette cachée.

La dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s, de Caa1 à Caa2 le 28 août 2026, avec perspective négative, rappelle toutefois que la croissance ne suffit pas à alléger le coût de la dette. La nomination de Lazard Inc. comme conseiller financier du gouvernement a également ravivé les inquiétudes des marchés. Citigroup estime qu’en cas de restructuration, les créanciers détenant des obligations sénégalaises libellées en dollars pourraient récupérer moins de 50 % de leur valeur nominale.

Le choix annoncé de maintenir, à ce stade, la dette libellée en FCFA en dehors du PTDS est présenté comme un facteur de protection pour les titres détenus sur le marché régional. Les rendements restent toutefois élevés : 7,87 % pour le BAT à 364 jours, 7,75 % pour l’OAT à trois ans et 7,89 % pour celle à cinq ans.

L’analyse est signée Pr Amath Ndiaye, de la FASEG-UCAD.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire