Revue Presse : Les crédits spéciaux décrochent le jackpot

 La politique, à travers la question des crédits spéciaux, dame le pion aux autres sujets dans la livraison de mercredi de la presse quotidienne reçue à l’APS.

Le Soleil, en même temps que plusieurs autres quotidiens, rapporte que le Conseil constitutionnel a été saisi par le gouvernement pour déclarer irrecevable la proposition de loi relative au régime juridique des crédits spéciaux qui devait être soumise ce mercredi à l’examen de l’Assemblée nationale.

Selon le journal, du point de vue de l’exécutif sénégalais, cette proposition de loi “comporte des dispositions relevant du domaine réservé au pouvoir réglementaire de la Constitution”.  En conséquence, l’Assemblée nationale a décidé de suspendre la plénière consacrée à l’examen de ce texte.

L’info précise, à ce sujet, que l’exécutif “invoque les articles 67 et 76 de la Constitution, qui déterminent le champ d’intervention du législateur et posent le principe selon lequel les matières qui ne relèvent pas du domaine législatif ont un caractère réglementaire”.

“Nouveau bras de fer au sommet de l’Etat : alors que les députés s’apprêtaient à examiner la proposition de loi sur le régime juridique des crédits spéciaux, l’exécutif a saisi in extrémis les ‘Sages’ du Conseil constitutionnel”, relève le journal Le Quotidien.

Il ajoute que l’Assemblée nationale, en réaction à ce qu’elle qualifie d’”obstruction”, a gelé la session qu’elle devait tenir ce 19 août, “sans pour autant paralyser l’ensemble des travaux parlementaires”.

“Entre blocage sur la réforme des fonds spéciaux, arbitrage demandé au Conseil constitutionnel et débat houleux sur la déclaration de patrimoine, le sommet de l’Etat sénégalais est le théâtre d’une véritable épreuve de force institutionnelle”, souligne Le Quotidien.

Sud Quotidien note qu’un “nouveau contentieux institutionnel se profile entre le gouvernement et l’Assemblée nationale autour de l’encadrement des crédits spéciaux et d’autres fonds secrets”.

Pour ne rien arranger, le parti présidentiel, Kiiraay, “charge” sur cette question l’ex Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, rapporte Walfquotidien.

La superviseure générale de Kiiraay, Aminata Touré, accuse M. Sonko “d’avoir utilisé 3,7 milliards des ‘fonds pour la Casamance’ logés à la primature et d’avoir recours aux fonds politiques de la présidence”, écrit Walfquotidien.

“Mimi relève l’autre facette de Sonko”, affiche le quotidien L’As, évoquant une conférence de presse animée par Aminata Touré au cours de laquelle cette dernière a fait des déclarations suggérant que “derrière l’image d’un parangon de vertu et de bonne gouvernance se cache […] une autre personne”.

Selon Aminata Touré, cité par le quotidien Libération, Ousmane Sonko “a bien bénéficié de fonds non justifiables et il demandait une rallonge”. “Il n’a aucune leçon morale à donner à qui que ce soit”, a-t-elle ajouté dans des propos rapportés par le quotidien Les Echos.

Selon cette publication, sur ce sujet et sur bien d’autres questions, Aminata Touré a lourdement chargé l’actuel président de l’Assemblée nationale lors de la conférence de presse tenue par le parti Kiiraay.

Le journal note que de cette manière, l’ancienne Première ministre “affirme vouloir ‘éclairer les Sénégalais’ et dénonce ce qu’elle considère comme des contradictions entre les positions publiques du président de l’Assemblée nationale et les pratiques qu’elle lui attribue lorsqu’il était Premier ministre”.

“Au cœur de son grand déballage, les fonds spéciaux, dont elle affirme que Sonko a lui-même bénéficié à plusieurs reprises, et l’utilisation des crédits destinés à la Casamance”, conclut le quotidien Les Echos.

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