Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a reçu ce mardi 4 août 2026 au Building administratif Président Mamadou Dia, Alioune Tine, fondateur du think tank AfrikaJom Center. La réunion s’est tenue en présence du porte-parole du ministère, Mouhamadou Ndiaye Sarr, et du directeur des programmes de l’organisation, Ibrahima Mbodj.
À l’issue des échanges, Alioune Tine a salué les premières mesures du ministre en faveur de la réforme de la politique pénale et de l’amélioration des conditions de détention. Il a notamment évoqué la pratique du « paquetage », qu’il considère comme « une négation permanente des droits de la personne » et a appelé à sa suppression.
La rencontre intervient au lendemain d’une visite nocturne inopinée du ministre à la Maison d’arrêt de Rebeuss. Accompagné de doyens des juges et de procureurs, Me Moussa Sarr a visité les chambres les plus surpeuplées et s’est dit profondément marqué par des conditions portant atteinte à la dignité humaine.
Selon AfrikaJom Center, la circulaire ministérielle du 13 juillet 2026 encourage les magistrats à limiter le recours aux mandats de dépôt et à privilégier les alternatives. EMedia avait déjà fait état de cette circulaire dans une édition précédente. Cette orientation prolonge la position du chef de l’État, qui a rappelé que la détention provisoire devait rester l’exception.
Pour répondre à la surpopulation carcérale, le gouvernement prévoit un budget de 25 milliards de FCFA pour la construction de deux établissements à Malicounda et à Louga, d’une capacité totale de 25 000 places, attendus pour 2027.
Malgré ces annonces, AfrikaJom Center pointe un déficit de professionnels : le Sénégal compte 439 avocats, alors que les besoins sont estimés à 1 300. L’organisation plaide aussi pour une loi renforçant la présomption d’innocence et le recours encadré aux bracelets électroniques.
