Pr Amath Ndiaye : protéger les banques de l’UMOA pour préserver l’économie sénégalaise

Le Plan de Traitement de la Dette du Sénégal et l’accord conclu avec le FMI ne doivent pas être réduits à une opération destinée à sauver les banques régionales au détriment des populations. La protection des banques de l’UMOA est aussi présentée comme un enjeu pour l’économie sénégalaise.

Les banques de l’Union détiennent des titres de dette sénégalais libellés en FCFA. Une restructuration brutale des bons du Trésor assimilables (BAT) et des obligations assimilables du Trésor (OAT) pourrait les fragiliser. Selon cette analyse publiée par EMedia, une telle situation risquerait de réduire les financements accordés aux entreprises et aux ménages, de freiner l’investissement, d’aggraver le chômage et d’accroître la pauvreté.

Le système financier régional a aussi permis à l’État sénégalais de mobiliser l’épargne de l’UMOA lorsque l’accès aux marchés internationaux était pratiquement fermé. Des milliers de milliards de francs CFA ont ainsi été levés grâce à ce marché intégré. L’enjeu consiste donc à répartir l’effort entre l’État et les différentes catégories de créanciers, sans opposer les établissements bancaires aux citoyens.

Un choc sur les banques régionales ajouterait une crise bancaire à la crise de la dette. Dans un autre développement, l’accord Sénégal-FMI prévoit 1 243 milliards de francs CFA sur trois ans via la Facilité élargie de crédit, tandis que le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, l’a qualifié de « signal fort » pour la stabilité de l’UEMOA le 9 septembre 2026.

La réflexion est signée Pr Amath Ndiaye, enseignant à la FASEG-UCAD.

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