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« Le peuple sénégalais ne saurait être pris en otage »: le FRAPP met en garde Diomaye contre le FMI

À la veille du Débat d’orientation budgétaire (DOB) à l’Assemblée nationale, le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (FRAPP) a appelé les députés à placer la dette publique, les relations avec le Fonds monétaire international (FMI) et la souveraineté monétaire au cœur des discussions.

Dans un communiqué publié ce lundi, le mouvement estime que le futur projet de loi de finances rectificative était prévisible, rappelant avoir alerté dès l’examen de la loi de finances 2026 sur le caractère « trop optimiste » des prévisions budgétaires du gouvernement.

Le FRAPP critique également le report à 2029 de l’objectif de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Selon l’organisation, cette cible, qu’elle juge dépourvue de fondement scientifique, ne doit pas primer sur les besoins des populations en matière de santé, d’éducation, d’agriculture, d’emploi ou d’infrastructures.

Le mouvement s’inquiète surtout du poids de la dette publique. D’après le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, le Sénégal devra rembourser près de 18 709,7 milliards de francs CFA sur cette période. Une situation qui, selon le FRAPP, réduit considérablement les marges de manœuvre de l’État pour financer les investissements publics.

Le FRAPP exprime par ailleurs ses réserves sur la stratégie du gouvernement, fondée sur l’hypothèse d’un nouvel accord avec le FMI. Il accuse l’institution financière internationale de multiplier les exigences et redoute qu’elle ne prépare une restructuration de la dette sénégalaise.

À ce sujet, le mouvement interpelle directement le président Bassirou Diomaye Faye. « Le peuple sénégalais ne saurait être pris en otage ni faire l’objet d’un quelconque chantage (…) destiné à faire accepter une restructuration de la dette pilotée par le FMI », prévient-il, appelant le chef de l’État à défendre la souveraineté nationale.

Enfin, le FRAPP regrette que le DPBEP ne fasse aucune référence au projet de monnaie unique de la CEDEAO (ECO). Il demande au gouvernement de clarifier l’état d’avancement de ce dossier et invite les députés à faire du Débat d’orientation budgétaire un véritable exercice de contrôle démocratique sur les choix économiques du pays.

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