Noo Lank appelle à fixer sans délai la date des élections locales.
Le mandat des conseillers départementaux et municipaux élus le 23 janvier 2022 s’achève en janvier 2027, mais le président de la République n’a toujours pas signé le décret de convocation. Ce silence s’inscrit dans un contexte politique particulier : le chef de l’État a saisi le Conseil constitutionnel pour avis sur un éventuel jumelage des scrutins législatifs et locaux, alors qu’il ne dispose plus de la majorité parlementaire depuis la rupture avec le Pastef le 22 mai 2026 et qu’une dissolution de l’Assemblée nationale serait possible à partir de fin novembre 2026. Dans une analyse publiée le 10 août 2026, Seydina Mouhamadou Malal Diallo, juriste et secrétaire général du mouvement, estime que le Code électoral impose un calendrier rigoureux.
Selon lui, les articles L.205 et L.237 prévoient que le scrutin doit se tenir dans les 30 jours précédant l’expiration de la cinquième année du mandat, et « dans tous les cas » au cours de cette cinquième année. Il en déduit que la fenêtre normale s’étend du 24 décembre 2026 au 23 janvier 2027. Quatre dates possibles sont évoquées pour les locales : le 27 décembre 2026 ou les dimanches 3, 10 et 17 janvier 2027.
Cette lecture divergente de celle d’Aminata Touré, leader de la majorité présidentielle, qui a plaidé pour une organisation possible sur l’ensemble de l’année 2027. Pour le juriste, une telle interprétation n’est pas compatible avec la lettre des articles L.205 et L.237, même si le Code admet une dérogation au délai de 30 jours lorsque les circonstances l’exigent.
Le secrétaire général de Noo Lank souligne les répercussions concrètes du retard. L’article L.216 oblige à fixer le montant de la caution au plus tard 150 jours avant le scrutin, l’article L.217 la mise en place de la Commission de réception des candidatures au plus tard 88 jours avant, et les articles L.227 et L.261 la convocation des électeurs par décret publié au Journal officiel au moins 90 jours avant. Pour un scrutin fixé au 24 décembre 2026, le délai relatif à la caution aurait expiré autour du 27 juillet ; pour le 23 janvier 2027, cette échéance tomberait autour du 26 août. Le ministre de l’Intérieur Bamba Cissé a néanmoins estimé que le décret présidentiel, point de départ du scrutin, peut être signé jusqu’à deux mois avant l’échéance, une position que Noo Lank juge insuffisante au regard des autres délais déjà engagés.
Il appelle le chef de l’État à prendre sans tarder le décret fixant la date, dans le respect du Code électoral. Selon lui, la dérogation prévue ne saurait permettre de repousser indéfiniment le scrutin. En cas de non-fixation dans les délais et si les signes d’un report jugé illégal se confirment, il annonce que Noo Lank envisagerait « toute action judiciaire utile ».
Selon Xibaaru, l’analyse invite par ailleurs les organisations de la société civile, les citoyens et les acteurs politiques à rester vigilants face à toute interprétation opportuniste du droit électoral.
