Élections locales 2027 : la société civile s’inquiète de l’absence de décret présidentiel

À sept mois du scrutin municipal et départemental prévu en janvier 2027, l’absence de décret présidentiel convoquant le corps électoral alimente les inquiétudes. Le ministre de l’Intérieur Bamba Cissé a lui-même rappelé qu’aucune date n’a été annoncée et que le processus ne peut être enclenché sans décret présidentiel, soulignant que c’est le président de la République qui convoque le corps électoral et fixe la date du vote par décret. Les opérations de révision des listes électorales n’ont pas encore été lancées, et la Commission des lois, tout en validant une proposition de loi modifiant le Code électoral, a pointé des zones d’ombre, notamment sur la publication du fichier électoral et l’organisation des révisions, appelant à un traitement prioritaire. La société civile sénégalaise entre dans le débat et affiche une position claire : elle s’oppose à tout report et appelle à la transparence.

Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG-3D, a pris la parole sur le réseau social X. « La société civile est opposée à tout report des élections. M. le Président, il est temps de rendre visible l’horloge électorale : calendrier des élections locales, période de révision des listes électorales etc. », a-t-il écrit. Il dénonce une « rupture d’égalité entre les acteurs politiques » lorsque seul le camp présidentiel détient les informations relatives au calendrier électoral. Selon lui, ce déficit d’information alimente les spéculations et fragilise la confiance des parties prenantes.

Les craintes sont renforcées par le précédent de 2022 : les élections locales, initialement prévues en 2019, avaient été reportées à plusieurs reprises avant de se tenir le 23 janvier 2022, en raison de la réforme du Code électoral et de la pandémie de Covid-19. Ce précédent historique nourrit la méfiance de l’opposition, regroupée au sein du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), qui pointe l’absence de lancement des opérations de révision des listes électorales.

D’un point de vue juridique, la convocation du corps électoral relève du président de la République, conformément à l’article 63 du Code électoral. Le 22 mai 2026, l’ancien ministre de l’Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé avait assuré devant l’Assemblée nationale que l’État respectait les délais légaux et que les préparatifs techniques étaient engagés. Le parti au pouvoir, PASTEF-Les Patriotes, a également pris position en faveur du respect du calendrier républicain, tout en fixant ses conditions pour la désignation des candidats aux locales, insistant sur le respect de la Charte des élections et le rôle exclusif de la Commission nationale d’investiture. Mais les inquiétudes persistent, comme le rapporte Sud Quotidien.

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