Diomaye a mis fin au tandem avec Sonko, Dione évoquait une confrontation institutionnelle

Que peut-il se passer après la fin du tandem formé en mars 2024 entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ? Le vendredi 22 mai 2026, le chef de l’État a mis un terme aux fonctions de son chef du gouvernement, ouvrant une nouvelle séquence politique marquée par les rapports entre la présidence et la majorité détenue par Pastef à l’Assemblée nationale.

Dans cette configuration, le président devra désormais gouverner face à un parti qui contrôle l’hémicycle. Le professeur Maurice Soudieck Dione, agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a expliqué sur RFI, ainsi que dans des propos relayés par Xibaaru, que le chef de l’État conserve les principaux leviers institutionnels dans un système qu’il décrit comme fortement présidentialiste. Selon lui, chaque camp devra définir ses propres stratégies pour continuer d’exister dans l’espace politique.

Une rivalité déjà décrite avant la rupture

Avant la révocation d’Ousmane Sonko, Maurice Soudieck Dione avait déjà évoqué une séparation devenue envisageable au sommet de l’exécutif. Début mai 2026, il parlait d’une dynamique de « concurrence entre associés rivaux ». En janvier 2026 déjà, il décrivait une rivalité structurelle entre le président et son alors Premier ministre, sur fond de positionnements liés à la présidentielle de 2029.

L’universitaire estime aussi que l’ex-Premier ministre peut encore compter sur des mécanismes parlementaires favorables. C’est sur ce terrain que pourrait se jouer une partie du rapport de force, alors que Pastef dispose de la majorité à l’Assemblée nationale et que le président garde, lui, d’importantes prérogatives institutionnelles.

Maurice Soudieck Dione considère par ailleurs qu’après les législatives de novembre 2024, Ousmane Sonko aurait dû prendre la tête de l’Assemblée nationale plutôt que la Primature. D’après lui, ce choix aurait permis une séparation plus nette des rôles, tandis que sa présence à la tête du gouvernement rendait l’affrontement inévitable, même s’il pouvait être différé.

Le politologue a aussi relié cette rupture aux prochaines échéances électorales, en citant les élections locales de 2027 et la présidentielle de 2029, et il a mis en garde contre une confrontation entre majorité présidentielle et majorité parlementaire le vendredi 22 mai 2026.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Un commentaire

Laisser un commentaire