Le calendrier électoral sénégalais semble grippé à l’approche des prochaines échéances locales. Alors que les délais légaux pour la mise à jour du fichier sont entamés, l’absence d’actes officiels et des inquiétudes sécuritaires sur les données poussent les acteurs politiques à s’interroger sur la faisabilité du scrutin. C’est dans ce contexte d’incertitude que Taxawu Senegaal soulève des interrogations précises sur la gestion administrative et technique du processus.
La formation politique dirigée par Khalifa Sall constate un retard significatif dans le déclenchement des opérations de révision des listes électorales. Selon les dispositions légales en vigueur, une révision ordinaire doit se tenir annuellement du 1er février au 31 juillet. Or, aucun décret n’a été publié pour officialiser le démarrage de cette opération cruciale. Cette absence d’acte administratif, couplée au silence de la Commission électorale nationale autonome (Cena), alimente les craintes d’un glissement du calendrier.
Outre l’aspect administratif, Taxawu Senegaal met en lumière des préoccupations liées à la sécurité numérique des données électorales. Le mouvement évoque la récente cyberattaque ayant visé la Direction de l’automatisation des fichiers (Daf) comme un facteur aggravant. D’après nos confrères de Le Quotidien, qui relaient ces inquiétudes, le parti exige des éclaircissements sur l’ampleur réelle de cet incident et ses conséquences potentielles sur l’intégrité du fichier électoral.
Les inquiétudes portent également sur la migration des données vers le Data center national, une opération dont les contours restent flous pour l’opposition. Des experts en cybersécurité ont récemment alerté sur des risques de fuites, renforçant la suspicion autour de la fiabilité technique du processus en cours. Pour Taxawu Senegaal, cette conjonction de silence administratif et de vulnérabilité technique pourrait s’apparenter à une stratégie visant à « saborder » le scrutin ou à le maintenir dans une situation de blocage.
Le Code électoral prévoit pourtant, via ses articles L.37 et R.28, l’obligation d’une révision exceptionnelle lorsque des élections générales sont imminentes, remplaçant alors la procédure ordinaire. Face à ce qu’il qualifie de « confusion généralisée », le mouvement appelle l’État à assumer son rôle de régulateur pour garantir la transparence et la souveraineté numérique du processus électoral.