Alors que l’échéance du premier trimestre 2026 approche pour la présentation des réformes constitutionnelles promises par le Président Bassirou Diomaye Faye, une course contre la montre s’engage en coulisses. Face à l’absence de visibilité sur le contenu des textes qui seront soumis à l’Assemblée nationale, les acteurs de la Société civile ont décidé de ne pas attendre la publication officielle pour agir. Une stratégie d’anticipation a été mise en place pour peser sur les décisions de l’Exécutif avant que le processus législatif ne soit verrouillé.
L’inquiétude principale repose sur le manque d’informations concernant la teneur exacte des modifications institutionnelles annoncées lors du discours à la Nation du 31 décembre 2025. Mamadou Ndoye, figure syndicale et politique, a profité d’une rencontre de réflexion sur la gouvernance démocratique pour tirer la sonnette d’alarme. Selon ses propos relayés par Le Quotidien, « personne ne connaît le contenu des réformes constitutionnelles », une situation qu’il qualifie de « grave problème ». Pour l’ancien ministre, il est impératif que les positions citoyennes soient définies et entendues avant le dépôt du dossier sur le bureau de l’Assemblée.
**Un diagnostic sans concession des disparités sociales**
Au-delà de la méthode, c’est le fond du système actuel qui est visé. Mamadou Ndoye a dressé un tableau critique de la gestion publique, pointant du doigt la persistance de pratiques jugées « prédatrices » malgré les alternances politiques. L’argumentaire s’appuie sur des données chiffrées illustrant le fossé social : la coexistence de citoyens survivant avec « 1000 F Cfa par jour » face à des directeurs généraux percevant des salaires de « 5 millions F Cfa », sans compter l’opacité des caisses noires.
Cette critique s’étend aux mécanismes de contrôle, jugés inopérants. L’analyse développée lors de cette rencontre souligne que si les élections se tiennent régulièrement, le contrôle citoyen disparaît une fois le scrutin passé, réduisant la démocratie à un simple « alibi électoral ». La question de l’indépendance de la Justice, perçue comme un outil permettant à l’Exécutif d’écarter des adversaires politiques, a également été soulevée comme un point de blocage majeur à résoudre pour éviter la répétition des crises.
**Trois commissions pour imposer le Pacte de bonne gouvernance**
Pour transformer ces constats en pression politique effective, la réunion a débouché sur une structuration opérationnelle immédiate. L’objectif est de forcer l’application du Pacte national de bonne gouvernance démocratique (Pnbgd), un document signé par plusieurs candidats, dont l’actuel chef de l’État, lors de la campagne électorale de 2024.
Selon les informations disponibles, ce dispositif repose sur la création de trois commissions distinctes, chacune chargée d’un aspect spécifique de la mobilisation :
La première commission, axée sur la **Stratégie**, doit définir une feuille de route pour traduire les principes théoriques du pacte en mesures applicables.
La seconde, dédiée au **Plaidoyer**, ciblera directement les acteurs politiques et institutionnels pour obtenir des engagements fermes.
La troisième entité se chargera de la **Communication**, avec pour mission de porter le débat dans l’espace public.
Cette organisation tripartite vise à créer un rapport de force suffisant pour que les futures réformes n’ignorent pas les exigences de transparence et d’équilibre des pouvoirs réclamées par ces organisations.
Voilà un homme d’expérience dans la gestion de l’état qu’il faut écouter et impliquer dans le processus de changements systémiques.
Malgré son âge avancé, Mamadou Ndoye est un monument et une référence.