Comment protéger les voix critiques lorsque des acteurs de la société civile disent être visés par des menaces ? Vingt organisations signataires alertent sur la situation de Babacar Ba et demandent une réponse des autorités compétentes.
Selon leur déclaration, l’acteur de la société civile aurait déjà reçu des menaces de mort de la part d’individus qui n’ont pas été identifiés. De nouvelles menaces auraient ensuite été proférées contre lui par un responsable politique présenté comme proche du camp présidentiel.
La prise de position de Babacar Ba intervient dans un contexte politique sensible. Le dimanche 9 août, il avait réagi sur X à la déclaration d’Ousmane Sonko sur les élections locales, se disant « en phase avec Sonko ». Il estimait alors que le président Bassirou Diomaye Faye, avec certains opposants, semblait travailler à différer le scrutin. Il mettait en garde contre tout deal politique conclu « sur le dos du peuple sénégalais ».
Cette implication dans le débat public et électoral donne une portée particulière aux menaces rapportées contre lui. Pour les signataires, elles doivent être prises au sérieux. Ils réclament des mesures pour garantir la sécurité des personnes concernées ainsi que des enquêtes permettant d’établir les responsabilités.
Dans cette déclaration relayée par leral, les organisations dénoncent aussi une multiplication des attaques contre les acteurs de la société civile. Elles critiquent l’emploi répété de qualificatifs dénigrants contre leurs représentants, estimant que cette pratique tend à devenir structurelle.
La contradiction au cœur du débat
Les signataires rappellent que le désaccord demeure une composante essentielle de la démocratie. Les divergences, écrivent-ils, doivent être confrontées par les idées, les arguments et le débat contradictoire, plutôt que par les insultes, les menaces ou l’intimidation.
« Nous nous dressons fermement contre toute forme de menace, d’intimidation et contre toute velléité de museler la société civile ou de réduire au silence les voix critiques », affirment-ils.
Les organisations assurent qu’elles continueront à exercer leurs responsabilités en toute indépendance et en toute responsabilité, notamment à travers la veille, l’alerte, la proposition et l’interpellation sur les questions d’intérêt national.
Elles demandent enfin aux autorités de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des acteurs concernés et faire toute la lumière sur les faits rapportés. La déclaration est signée par 20 organisations.
Parmi les signataires figurent Africa Jom Center, l’Organisation nationale des droits de l’homme, le Réseau Siggil Jigéen et la RADDHO.
