L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a renoué avec l’excédent commercial en 2025, une première depuis 2011. Cette performance, rapporte Financial Afrik, met fin à quatorze années consécutives de déficit pour les huit États membres.
Le basculement tient à la conjonction de plusieurs facteurs. Les cours de l’or ont atteint des niveaux records, profitant au Mali, au Burkina Faso et à la Côte d’Ivoire. Le cacao ivoirien a bénéficié d’une flambée des prix mondiaux. Mais c’est l’entrée du Sénégal dans le club des producteurs d’hydrocarbures qui a changé la donne : les premières livraisons de brut et de gaz des projets Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim ont allégé la facture énergétique tout en générant des recettes en devises.
Les exportations sénégalaises ont bondi de 155 % en décembre 2025 par rapport à novembre, atteignant 1,32 milliard de dollars, selon l’ANSD, une information relayée par Africtelegraph. Cette dynamique confirme le rôle moteur des nouvelles ressources dans le rééquilibrage commercial de la zone.
Cette embellie ne doit pas masquer les fragilités. La transformation locale reste marginale : moins d’un tiers des fèves ivoiriennes sont broyées sur place, et l’or malien part en lingots vers les raffineries suisses et émiraties. Les pays enclavés sans ressources extractives, comme la Guinée-Bissau, continuent d’afficher des soldes déficitaires.
Au quatrième trimestre 2025, la Côte d’Ivoire a cumulé 35,8 % des exportations de l’UEMOA, et le Sénégal 19,5 %, confirmait la BCEAO dans un rapport publié en mars 2026.
