LFR 2026 : un économiste redoute une croissance autour de 2% et des recettes fiscales en baisse

Les opérations courantes de l’État pourraient être davantage sous pression en 2026, alors que les recettes fiscales reculent et que l’activité économique demeure faible. Les données de la loi de finances rectificative (LFR) font apparaître plusieurs indicateurs préoccupants, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires se réduisent sous le poids de la dette héritée et d’un environnement géopolitique instable.

La croissance pourrait se situer autour de 2 %. Le Fonds monétaire international a d’ailleurs ramené sa prévision de croissance du PIB réel du Sénégal à 2,2 % en 2026, contre 3,0 % auparavant. Il prévoit également un déficit du compte courant de 6,2 % du PIB, contre 5,4 % anticipé précédemment, et une croissance limitée à 2,3 % en 2027. Cette faible progression s’accompagnerait d’un manque de recettes publiques, qui compliquerait la couverture régulière des dépenses de fonctionnement. Les investissements de l’État, le déficit et la mobilisation des ressources figurent également parmi les points de vigilance.

« Toutes les activités sont en berne, à cause de l’absence d’investissement de l’État, qui est le moteur de l’économie », estime l’économiste Meïssa Babou. Il décrit un secteur privé en difficulté, tandis que les banques et les autres structures financières restent actives. Les informations publiées par Senenews rapportent aussi son inquiétude face à une situation financière tendue et à la possibilité d’une fin d’année 2026 laborieuse.

Meïssa Babou évoque la démarche du président de la République auprès du Fonds monétaire international pour combler le déficit de financement. Des négociations sont en cours pour un nouveau programme d’accompagnement avec le FMI, alors que le redressement des comptes publics limite les capacités de soutien de l’État. L’économiste juge possible un dernier trimestre difficile si les recettes fiscales ne se redressent pas.

Des économistes prudents

Cheikh Mbacké Sène adopte une lecture moins alarmiste. Le spécialiste en intelligence économique considère la période comme une phase d’ajustement. Selon lui, la trajectoire pourrait être corrigée si les réformes produisent rapidement des effets sur les finances publiques, l’investissement et la confiance des acteurs économiques.

Il estime toutefois que la prolongation des difficultés dépendra de la réponse apportée au choc budgétaire. Un exercice défavorable ne suffirait donc pas, à lui seul, à déterminer l’évolution de l’économie sur le long terme.

La situation reste également liée au redressement des recettes et au déblocage du financement extérieur. Une persistance de la faiblesse des ressources, combinée à l’augmentation des besoins de financement et du service de la dette, pèserait sur l’investissement et l’activité privée. La révision à la baisse des prévisions du FMI illustre l’ampleur de cette contrainte : la croissance attendue reste faible, tandis que le déficit extérieur se creuse.

Baye Abdou Diouf estime que l’économie non pétrolière n’est pas en train de s’effondrer.

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