Mamadou Ndoye, qui s’exprime au nom de la société civile réunie au sein du Sursaut citoyen, a plaidé mercredi 12 août à Dakar pour que la future révision constitutionnelle s’appuie sur les engagements déjà pris par les acteurs politiques, notamment le Pacte de bonne gouvernance et les conclusions des Assises nationales. Lors d’un point de presse consacré à la réforme institutionnelle, l’ancien ministre de l’Alphabétisation et des Langues nationales a dit vouloir empêcher que le Sénégal se retrouve sans révision constitutionnelle ou avec un texte partisan, indique l’APS.
À l’en croire, la période actuelle offre une occasion de chercher un compromis national, plutôt que de laisser la révision constitutionnelle devenir un nouveau motif de confrontation entre institutions. Il a rappelé que les organisations de la société civile travaillent depuis plusieurs années sur ce chantier, notamment via le Pacte de bonne gouvernance signé par 13 des 17 candidats à l’élection présidentielle de 2024. Ce pacte, ajouté aux conclusions des Assises nationales, constitue déjà une base assez large pour bâtir une réforme équilibrée et sans orientation partisane.
Le débat n’est pas nouveau. En avril, la Présidence de la République avait finalisé plusieurs avant-projets de lois, dont une révision de la Constitution, rendus publics sur une plateforme numérique. Fin juin, le collectif Noo Lank avait réclamé un consensus national avant toute modification du texte fondamental, dénonçant une logique de rapport de force. Un peu plus tôt, le politologue Papa Fara Diallo analysait la réforme comme un rééquilibrage des pouvoirs, évoquant un hyperprésidentialisme depuis 1962.
Pour Mamadou Ndoye, les propositions de la société civile reposent sur des principes que plusieurs acteurs politiques ont déjà approuvés. Il a souligné qu’elles sont équilibrées, non partisanes et partagées au sein de la société sénégalaise. Il a donc invité les acteurs politiques à se rassembler autour de cette base consensuelle plutôt que de camper sur des projets de réforme concurrents défendus par chaque institution.
Les organisations du Sursaut citoyen comptent entamer des démarches auprès des principales autorités concernées pour leur présenter leurs propositions et tenter d’obtenir leur adhésion. Mamadou Ndoye a dit espérer raisonnablement une réaction positive de leur part.
Le but est d’éviter deux scénarios jugés tout aussi préoccupants : une impasse institutionnelle qui bloquerait toute révision constitutionnelle, et l’adoption d’un texte portant l’empreinte d’un camp politique. Il a insisté sur la dimension nationale de l’enjeu, la réforme constitutionnelle devant définir les principes fondamentaux du fonctionnement des institutions et du vivre-ensemble des Sénégalais. La société civile entend contribuer à cette recherche de consensus en formulant des propositions et en engageant un dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés.
