Comment le Sénégal s’inscrit-il dans la nouvelle phase du traitement international de la dette ? Le 1er septembre 2026, Kristalina Georgieva a présenté le pays comme le prochain cas du Cadre commun, en marge de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20 à Asheville.
Cette annonce intervient après la conclusion d’un accord au niveau des services entre le Fonds monétaire international et les autorités sénégalaises. Porté par le président Bassirou Diomaye Faye et le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba, le programme envisagé porte sur environ 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, au titre de la Facilité élargie de crédit. Il marque un changement de cap après la position exprimée par Ousmane Sonko en août 2025, lorsqu’il affirmait que le Sénégal n’avait pas besoin du FMI. Sa mise en œuvre reste liée au traitement de la dette et à l’approbation du Conseil d’administration du Fonds.
Le même jour, la Primature a annoncé le lancement du Plan de traitement de la dette du Sénégal, présenté comme l’instrument destiné à restaurer durablement le profil de la dette et à recréer des marges budgétaires pour l’investissement public. En Conseil des ministres, le 2 septembre, le Premier ministre a décrit le rapprochement entre l’accord technique et ce plan comme un marqueur du début du mandat du chef de l’État.
Le Sénégal, prochain cas du Cadre commun, doit ainsi servir de premier test du processus dit « amélioré », validé en mai par les créanciers du G20. Cette nouvelle procédure cherche à mieux synchroniser la négociation d’un programme avec le FMI et les étapes de restructuration, afin de réduire le délai avant l’obtention des assurances de financement.
Comme l’écrit Capmad, l’expérience du Tchad a montré les difficultés de coordination entre créanciers publics, créanciers privés et institutions multilatérales. N’Djamena avait conclu en novembre 2022 le premier traitement de dette dans ce cadre, principalement sous la forme d’un reprofilage du service de la dette, sans annulation générale du principal.
Pour Dakar, la démarche consiste à demander un traitement coordonné de la dette auprès des créanciers officiels, tout en utilisant le programme du FMI pour encadrer l’ajustement budgétaire. Évalué à près de 1 243 milliards de francs CFA, l’accord ne se limite donc pas à un apport financier : Pape Fall appelle à en faire un levier de transformation économique. L’enjeu sera aussi de préserver les ménages, alors que le FMI a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour le Sénégal, à 2,2 % en 2026. Le Carrefour citoyen des Républicains unis de Bounama Tall, qui a salué l’accord, insiste dans ce contexte sur la protection du pouvoir d’achat.
Une échéance de dette internationale est attendue le 13 septembre 2026, tandis que l’accord financier doit encore recevoir l’aval de la direction et du Conseil d’administration du Fonds. La mission du FMI à Dakar, conduite par Mercedes Vera Martin, s’est déroulée du 19 août au 1er septembre 2026.
La foire aux questions publiée par le FMI le 18 août 2026 indique que le Conseil devra également se prononcer sur une dérogation liée au dossier de « dette cachée » ayant entraîné la suspension de l’ancien programme.
