Disparitions forcées en Guinée : La société civile interpelle la CEDEAO

À l’approche du 69ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, prévu le 19 juillet 2026 à Freetown, les organisations de défense des droits humains intensifient leur mobilisation sur la situation en Guinée. Elles alertent ce jeudi à Dakar les autorités régionales, via un Mémorandum, sur ce qu’elles qualifient de recrudescence exceptionnelle des disparitions forcées dans le pays.

« En prélude au Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, nous alertons, à travers un mémorandum, les autorités régionales sur la recrudescence exceptionnelle des disparitions forcées en Guinée », déclarent les organisations signataires.

Le mémorandum a été déposé ce jeudi 16 juillet à la Représentation résidente de la CEDEAO ainsi qu’à l’Ambassade de la Sierra Leone au Sénégal. Selon Alseny Farinta Camara, coordonnateur national de Tournons La Page Guinée, cette démarche vise à porter la question des disparitions forcées « au plus haut niveau institutionnel » et à attirer l’attention des dirigeants ouest-africains sur la gravité de la situation.

Dans le document adressé à la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO et au président en exercice de l’organisation, Julius Maada Bio, la société civile guinéenne affirme avoir documenté « au moins 35 cas de disparitions forcées ». Parmi les victimes figureraient notamment quatre enfants de moins de 16 ans, une femme et un homme âgé de 76 ans.

Les organisations dénoncent l’absence de communication officielle et d’enquêtes crédibles sur ces disparitions.
Elles demandent à la CEDEAO de mandater « en urgence une mission indépendante d’établissement des faits » en Guinée, d’exiger la publication d’un bilan transparent et la présentation devant la justice de toute personne détenue.

Le sort de plusieurs figures de la société civile est également évoqué dans le mémorandum, notamment celui d’Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, et de Mamadou Billo Bah, portés disparus depuis juillet 2024.

Les signataires affirment que ces disparitions illustrent la répression des voix dissidentes en Guinée.

Pour la société civile guinéenne, la question ne saurait être considérée comme une simple affaire intérieure.

« Les victimes de ces violations sont des citoyennes et des citoyens de la CEDEAO », soutiennent les organisations, qui invoquent les engagements communautaires en matière de démocratie, de bonne gouvernance et de protection des droits humains.

Le mémorandum appelle également les États membres à garantir un espace civique ouvert et à assurer la protection des défenseurs des droits humains, journalistes et citoyens menacés ou contraints à l’exil.

À travers cette initiative, les organisations de défense des droits humains veulent faire de la question des disparitions forcées en Guinée un dossier prioritaire du prochain sommet de la CEDEAO.

Elles demandent aux dirigeants ouest-africains d’agir pour faire la lumière sur le sort des personnes disparues et apporter des réponses aux familles des victimes.

« L’histoire retiendra le rôle des dirigeants qui, à Freetown, auront choisi de faire prévaloir la dignité humaine et l’État de droit », ajoute Alseny Farinta Camara.

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