Dakar interdit une Table Ronde sur les disparitions forcées en Guinée

La table ronde internationale consacrée à « l’épidémie de disparition forcée en Guinée », qui devait se tenir ce jeudi 9 juillet à Dakar, a été annulée par les autorités sénégalaises. Les organisateurs affirment avoir reçu l’ordre de suspendre l’événement avant d’être convoqués par les services compétents.

Joint par Senego, l’un des organisateurs, A. Camara, s’est dit surpris par cette décision. « Les autorités nous ont demandé d’annuler la Table ronde et nous ont invités à la Direction générale de la surveillance du territoire national pour informations », a-t-il déclaré.

Le mouvement TLP-Guinée, à l’origine de la rencontre, expliquait vouloir mobiliser la communauté internationale, les acteurs régionaux et les décideurs autour de la question des disparitions forcées en Guinée.

L’objectif affiché était notamment d’« obtenir vérité et justice pour les victimes, et pérenniser la mémoire à travers des outils numériques durables ».

Selon les organisateurs, les travaux devaient permettre de rendre publics les cas documentés, d’analyser l’ampleur du phénomène, d’évaluer les réponses apportées par les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux, mais aussi de lancer officiellement une plateforme de témoignages et des actions de plaidoyer.

Tout était déjà en place pour accueillir les participants : une salle aménagée, des chaises soigneusement alignées, des kakémonos et des affiches présentant les cas de disparitions forcées. Autant d’éléments qui montrent que la décision d’interdire la tenue de la table ronde est intervenue tardivement, alors que les préparatifs étaient déjà achevés.

Près de 70 participants étaient attendus à cette rencontre, parmi lesquels des familles de disparus, des organisations de la société civile guinéenne, sénégalaise et internationale, des représentants du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, des rapporteurs spéciaux de l’ONU, des diplomates, ainsi que des organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch (HRW), la FIDH et l’OMCT, sans oublier des journalistes, universitaires et chercheurs spécialisés sur la Guinée.

À ce stade, les autorités sénégalaises n’ont pas communiqué publiquement les motifs de cette annulation. Les organisateurs indiquent toutefois avoir été invités à se présenter devant les services compétents pour fournir des informations sur l’événement.

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