Dans un contexte marqué par des tensions politiques persistantes et des difficultés économiques croissantes, la Coordination régionale de Dakar du Rassemblement islamique du Sénégal (RIS Al Wahda) a consacré une journée de partage et de réflexion aux défis du pays. La rencontre, placée sous le thème « Le Sénégal à la croisée des chemins : diagnostic d’un projet de société en crise », a réuni universitaires, intellectuels, acteurs religieux et membres de la société civile.
Pour le président de la Coordination régionale de Dakar, Mouhamadou Lamine Gaye, cette initiative s’inscrit dans la mission citoyenne et éducative du mouvement. « Le RIS a toujours été un espace de réflexion, d’éducation et d’engagement au service de la société. Face aux nombreuses interrogations, il nous paraît indispensable d’offrir des cadres d’échanges pour analyser les réalités et promouvoir des solutions fondées sur le dialogue », a-t-il déclaré.
Les débats ont abordé la spiritualité, la santé et le développement personnel, avant de se pencher sur les questions géopolitiques internationales, notamment les conflits au Moyen-Orient et l’instabilité au Sahel. Les fragilités économiques ont été au centre des discussions, avec des échanges sur la dette publique, les contraintes budgétaires et l’emploi des jeunes. Le chercheur Dr Saliou Dramé a présenté une communication sur les crises politiques au Sénégal, soulignant la capacité du pays à préserver ses équilibres grâce au dialogue, comme l’a rapporté Apanews.
Les participants se sont inquiétés de la montée des discours de haine et des stigmatisations sur les réseaux sociaux, qu’ils considèrent comme une menace pour le modèle sénégalais de vivre-ensemble. « Les valeurs d’hospitalité et de respect mutuel doivent être préservées », a insisté Mouhamadou Lamine Gaye, appelant à un renforcement de l’éducation citoyenne.
La dernière communication, présentée par Cheikh Matar Kébé, président du RIS Al Wahda, a porté sur la nécessité de reconstruire la confiance entre citoyens et institutions à travers une gouvernance inclusive. Selon lui, les transformations politiques récentes offrent des opportunités mais exigent une vigilance constante pour consolider la stabilité nationale.
Cette réflexion intervient alors que la société civile sénégalaise multiplie les initiatives pour sortir de l’ornière. Des organisations du Consortium et les Ambassadeurs de la Paix ont récemment lancé un appel pour une sortie rapide de la crise politique, économique et sécuritaire lors d’un ‘Déjeuner de la paix’, exhortant le président à appeler à l’unité pour mobiliser toutes les énergies. Par ailleurs, une quarantaine d’acteurs politiques, institutionnels et de la société civile se sont réunis à Dakar pour une table ronde sur le dialogue interpartis en Afrique de l’Ouest, organisée par le Réseau africain de dialogue interpartis (AIPDN) avec l’ECONEC et WANEP Sénégal, dont l’appel final a souligné l’urgence de renforcer la cohésion nationale.

