Pour contrer la précarité éducative dans quarante pays, l’horizon temporel et la méthode validés par la jeunesse à Dakar

Dakar a servi de carrefour stratégique et social durant 48 heures pour une problématique qui conditionne l’avenir de la sous-région. Face aux crises multiples qui secouent le Sahel, des représentants venus de quarante nations ont convergé vers la capitale sénégalaise les 20 et 21 janvier 2026 avec une volonté commune : dépasser le simple constat d’échec des systèmes actuels pour imposer une nouvelle feuille de route éducative.

Le contexte dans lequel s’est tenu ce Forum régional des jeunes leaders sahéliens est marqué par une urgence statistique. Selon les données d’Oxfam relayées lors des échanges, près de 40 % de la population sahélienne vit dans l’extrême pauvreté. Cette précarité économique, aggravée par les crises sécuritaires et climatiques, relègue souvent l’éducation au second plan des priorités budgétaires des États. C’est précisément pour inverser cette tendance que la société civile et les institutions se sont réunies.

Le diagnostic posé par les participants est sans appel : l’offre éducative actuelle dans la région manque d’inclusivité et peine à garantir l’employabilité des sortants. Selon nos confrères de Sud Quotidien, qui ont suivi les travaux, l’objectif n’était pas seulement de critiquer l’existant, mais de co-construire des solutions durables. Les jeunes leaders ont ainsi travaillé à l’élaboration d’une vision partagée de l’éducation inclusive, destinée à servir de socle pour une vaste campagne de plaidoyer régional.

La légitimité de cette démarche repose sur une réalité démographique incontournable. Marième Diop, directrice des programmes d’Oxfam Sénégal, souligne que les jeunes représentent près de 60 % de la population régionale. Cette masse critique constitue, selon elle, une « force collective » capable d’influencer les politiques publiques. Cette position est partagée par Zara Abdou Issa, coordonnatrice de la Ligue sahélienne de lutte contre les inégalités, pour qui ce forum marque le lancement opérationnel d’un mouvement né du constat des disparités vécues au Tchad, au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Sénégal.

Du côté de l’État du Sénégal, la réponse institutionnelle s’articule autour de la « Vision Sénégal 2050 ». Madina Haly Tall, directrice de l’Unité de coordination des projets au ministère de l’Éducation nationale, a détaillé les initiatives en cours, notamment les programmes « Faire l’école » et « Faire l’école Plus ». Ces projets visent spécifiquement la réhabilitation des infrastructures et le renforcement des compétences des enseignants pour rendre l’école plus accessible.

Au terme de ces deux jours de réflexion, les participants ont choisi de projeter leurs ambitions sur le temps long. Au-delà des ajustements immédiats, l’assemblée a jeté les bases d’une vision de l’éducation inclusive à l’horizon 2065. Ce cap lointain doit permettre d’ancrer les réformes dans la durée, en se focalisant sur la formation des enseignants, l’adaptation des infrastructures et l’adéquation entre formation et emploi, dans une perspective de justice sociale.

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