Diomaye Faye reçoit France Médias Monde, mais pas le patronat de presse sénégalais

Pourquoi le président Bassirou Diomaye Faye reçoit-il la patronne de France Médias Monde alors que le patronat de presse sénégalais n’a pas encore été reçu depuis son arrivée au pouvoir ? La question est posée autour de Sénégal Médias Monde, qui réclame une attention comparable au moment où les entreprises de presse dénoncent une situation devenue critique.

Le dialogue entre Diomaye Faye et le patronat de presse est au cœur de cette interpellation. L’absence de rencontre est mise en regard de plusieurs mesures dénoncées comme restrictives et financièrement lourdes : le gel du Fonds d’appui au développement de la presse pendant deux ans, la rupture de contrats signés avec l’État, la distinction entre médias « conformes » et « non conformes », ainsi que des coupures de signaux de radios et de télévisions.

La situation du Fonds d’appui au développement de la presse illustre concrètement cette asphyxie. Depuis l’ouverture de la procédure, le 29 juillet 2026, 96 radios communautaires ont déposé un dossier, mais aucun dossier n’a été enregistré pour la presse écrite ni pour les télévisions. Cette absence traduit la fragilité particulière des entreprises qui ne disposent ni des mêmes relais ni des mêmes capacités pour accéder au dispositif.

Des convocations et des demandes d’attestations concernant des journalistes sont également citées, de même que des accusations visant la presse sur le terrain fiscal et des tensions avec les responsables des médias et les Jeunes Reporters. Dans une tribune publiée dans Xalima, Mamadou Ibra Kane propose de repenser l’aide publique autour d’un contrat entre la presse et l’État, lié à la contribution des médias au développement. L’enjeu est d’autant plus sensible que le ministère a évoqué un projet de fermeture de 381 médias.

Cette pression économique et institutionnelle intervient alors que le Sénégal a reculé de quatre places dans le classement 2026 de Reporters sans frontières, passant du 74e au 78e rang mondial et occupant la 17e position en Afrique. Comme l’écrit leral, Ousmane Sonko est présenté comme ayant largement contribué aux difficultés rencontrées par Sénégal Médias Monde, sans que le chef de l’État soit exonéré de sa responsabilité politique.

L’auteur demande ainsi au président de rectifier cette orientation et oppose les pratiques de « l’État-Pastef » à celles de « l’État-Kiiraay » dans le domaine médiatique. Au-delà de la rencontre réclamée, c’est donc la place accordée à la presse privée, son accès aux mécanismes de soutien public et les garanties de son indépendance qui sont en jeu.

Bassirou Diomaye Faye a été élu le 24 mars 2024.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

2 commentaires

  1. je ne sais pas d’où vient cet homme ces journalistes français qui demandent des milliards a des dirigeants africains pour sauver leurs image

Laisser un commentaire