Cybersécurité : le Sénégal adopte une loi pour protéger ses infrastructures critiques

Le 20 août 2026, l’Assemblée nationale a approuvé une loi consacrée à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique. Le vote a recueilli la majorité de 127 députés.

Présenté comme une réponse aux attaques qui ont touché plusieurs services publics ces derniers mois, le dispositif doit mieux prévenir les menaces et coordonner la riposte contre les actes cybercriminels. Comme l’écrit Ouestaf, le ministre des Télécommunications et de l’Économie numérique, Samba Diouf, a expliqué devant les députés que le texte vise à sécuriser et défendre les systèmes d’information ainsi que les plateformes numériques nationales.

La loi sur la cybersécurité au Sénégal prévoit une surveillance renforcée et des obligations plus strictes pour les structures classées critiques. Celles-ci seront recensées dans une liste conservée secrète, selon le ministre.

Le texte crée également une Autorité nationale de cybersécurité (ANC). Elle devra fixer les orientations de la politique nationale dans ce domaine. Durant les débats, les députés ont surtout discuté de ses pouvoirs et de son indépendance.

Cette réforme s’inscrit dans l’objectif de souveraineté numérique défendu par l’État, notamment à travers l’hébergement local des données du secteur public. Elle est présentée comme cohérente avec le New Deal Technologique, lancé en février 2025 et intégré aux ambitions de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.

Le vote intervient après plusieurs incidents visant l’administration. La Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) avait été ciblée fin 2025, la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF) en février 2026 et la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor en mai 2026.

La DAF avait suspendu la production des cartes nationales d’identité entre février et avril 2026 à la suite d’une attaque informatique. L’incident visant la DGID avait été attribué par le site français Zataz au groupe de cyber-extorsion Black Shrantac, qui aurait réclamé environ 140 millions de francs CFA.

Un rapport d’Interpol publié le 3 août 2026 indique que les services publics et les infrastructures critiques sont de plus en plus ciblés en Afrique. Le document cite aussi une tentative de détournement de 4,7 milliards de francs CFA contre une compagnie pétrolière basée au Sénégal, opération déjouée par les autorités.

Le spécialiste Gérard Dacosta estime que la répétition de ces attaques a révélé la vulnérabilité du pays en matière de cyberdéfense. Le ministre Samba Diouf a déclaré qu’aucune structure de l’État n’avait payé de rançon.

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