Depuis plusieurs années, l’administration sénégalaise fait face à des attaques informatiques répétées, alors que la numérisation des services publics progresse et rend la question de la sécurité encore plus sensible.
Deux jours après l’annonce du Trésor public sur des « actes malveillants », le Conseil des ministres du mercredi 20 mai 2026 a marqué un changement de ton. Le président de la République a demandé une réponse rapide pour protéger les données personnelles et l’état civil des Sénégalais, un dossier présenté comme prioritaire dans un article publié par Afriqueitnews. Le texte rappelle aussi plusieurs incidents cités sur les quatre dernières années, avec l’ARTP en 2022, la DGID en 2025 et le Trésor public en 2026, tandis que la compromission présumée de la Direction de l’Automatisation des Fichiers en janvier 2026 a ravivé les inquiétudes autour des bases biométriques et électorales.
L’enjeu est central, car l’état civil regroupe les informations qui permettent d’identifier les citoyens, comme les actes de naissance, et parce que les données biométriques renvoient à des éléments personnels tels que les empreintes. Le chef de l’État a ainsi fixé un calendrier en deux temps au ministre des Collectivités territoriales : un plan d’urgence complet doit être présenté d’ici fin juin 2026, avec pour objectif de mieux sécuriser les registres et les archives, puis de grandes concertations nationales devront se tenir d’ici fin août 2026 afin de revoir la fiabilité et la gouvernance de l’état civil. Le texte évoque aussi la nécessité d’une meilleure gestion des identités et des accès, souvent désignée par l’acronyme IAM, c’est-à-dire l’ensemble des règles qui limitent et contrôlent l’accès aux systèmes informatiques.
Cette alerte intervient au moment où l’exécutif cherche aussi à renforcer son infrastructure numérique. Lors du même Conseil des ministres, le Premier ministre Ousmane Sonko a signalé la situation du Sénégal Connect Park, un projet présenté comme destiné à accueillir des données souveraines. D’après les éléments rapportés, le chantier est achevé à 95 %, mais il reste bloqué par des difficultés financières avec des bailleurs mentionnés dans le texte, à savoir la BAD et la BOAD. L’épisode met en lumière une même contrainte : la modernisation numérique de l’administration avance, mais elle doit s’accompagner de garanties de sécurité plus solides.