Sénégal : une future loi pour protéger les infrastructures critiques contre les cyberattaques

Le ministre des Télécommunications et du Numérique a présidé cette semaine une réunion de concertation sur la sécurité des systèmes d’information des infrastructures critiques, rapporte Socialnetlink. L’objectif : préparer les administrations publiques, les opérateurs privés et les entités gérant des services essentiels aux exigences du futur cadre légal de protection des secteurs stratégiques.

Cette initiative intervient dans un contexte d’attaques répétées contre les institutions sénégalaises. Depuis octobre 2025, la Direction générale des Impôts et des Domaines, la Direction de l’Automatisation des Fichiers, la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor et, plus récemment en juin, la Cour des comptes ont été visées. La succession de ces incidents, ciblant régies financières et organes de contrôle, a mis en évidence la vulnérabilité des données sensibles et des services de l’État. En mai dernier, l’expert Gérard Dacosta décrivait une « accélération inquiétante » des cyberattaques, liée selon lui au nouveau statut de producteur de pétrole du Sénégal et à la transition politique.

Lors de la réunion, le ministre a souligné que la cybersécurité constitue désormais « un enjeu de souveraineté nationale », tout en rappelant qu’elle s’inscrit dans les piliers du New Deal Technologique, la stratégie gouvernementale de transformation numérique. Il a également appelé à une coopération renforcée entre tous les acteurs, estimant que la résilience ne repose pas uniquement sur des outils techniques mais sur « une collaboration continue » et « une culture commune de la gestion des risques ». Un plaidoyer qui fait écho aux préoccupations exprimées quelques semaines plus tôt par Ali Ngouille Ndiaye. Reçu par le président Diomaye Faye, l’ancien ministre de l’Intérieur avait mis en garde contre les vulnérabilités générées par la numérisation de l’administration et du secteur privé.

Les participants ont débattu des mesures concrètes à mettre en œuvre : renforcement de la prévention, amélioration des capacités de détection et de réaction aux incidents, et coordination entre institutions publiques et opérateurs. Le futur cadre légal est attendu pour imposer des normes communes de sécurité, des procédures de signalement et une réponse nationale unifiée face aux cybermenaces. Le ministre a insisté sur la nécessité d’un « partage d’informations » pour construire un écosystème numérique résilient.

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