La flambée du prix de la viande de bœuf inquiète aussi bien les ménages que les professionnels de la filière. À Matam comme à Rufisque, le même constat est fait : le kilogramme de viande de bœuf atteint désormais 5 500 FCFA. Face à cette hausse, les professionnels tirent la sonnette d’alarme et formulent plusieurs propositions.
À Matam, le kilogramme est désormais vendu à 5 500 FCFA, contre 3 500 FCFA il y a un peu plus d’un an, soit une hausse de 2 000 FCFA.
Cette augmentation intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par une période de soudure et une insécurité alimentaire qui touche plus de 60 000 personnes dans la région de Matam.
Pour de nombreux ménages, la viande de bœuf devient ainsi un produit de plus en plus inaccessible.
À Rufisque, notamment au marché de la Cité APIX, le même constat est fait. Le kilogramme de bœuf est affiché à 5 500 FCFA, tandis que la viande de mouton atteint 7 000 FCFA.
Des prix jugés excessifs par les consommateurs, qui appellent l’État à intervenir.
Du côté des professionnels, la situation est également préoccupante. Les chevillards expliquent cette hausse par le renchérissement du coût de l’aliment du bétail, mais aussi par les difficultés d’approvisionnement.
L’insécurité aux frontières, notamment avec le Mali, complique davantage l’accès au bétail.
À la SOGAS, les volumes d’abattage auraient fortement diminué, passant d’environ 300 têtes par jour à une centaine à certaines périodes.
Malgré le prix élevé de la viande, les professionnels affirment enregistrer des pertes pouvant atteindre 40 000 à 50 000 FCFA par tête.
Le président du Conseil national de la Maison des éleveurs du Sénégal, Ismaël Sow, appelle, pour sa part, à revoir en profondeur la politique de développement de l’élevage.
Selon lui, la forte dépendance du Sénégal vis-à-vis du Mali, de la Mauritanie et d’autres pays pour son approvisionnement en bétail constitue un risque majeur.
Il plaide ainsi pour une production locale plus importante et un dialogue renforcé entre l’État et les acteurs de la filière afin de trouver des solutions durables à la crise actuelle.
Avec Sud FM
