Des centaines de partisans brandissant des pancartes « Vive Diomaye » ont bravé une chaleur torride devant un grand hôtel de Dakar. À l’intérieur, le président Bassirou Diomaye Faye officialisait le lancement de son nouveau parti, Kiiraay.
Le nom, qui signifie « protection » ou « bouclier » en wolof, s’accompagne du slogan « Patriotes républicains ». Devant ses soutiens, le chef de l’État a affirmé que Kiiraay est « le parti majoritaire dans ce pays », citant la présence de maires, de responsables locaux et de figures de la société civile.
Cette création intervient après une rupture consommée avec Ousmane Sonko, son ancien mentor et ex-Premier ministre. Comme l’a confirmé Lecourrier, les deux hommes, qui avaient porté le Pastef au pouvoir en 2024, se sont progressivement éloignés sur fond de divergences quant à la gestion de la dette publique et d’autres orientations politiques. Bassirou Diomaye Faye avait limogé Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre en mai dernier. Ce dernier, resté leader incontesté du Pastef, a été aussitôt nommé président de l’Assemblée nationale, où son parti contrôle 130 des 165 sièges.
La rupture entre les deux hommes a ravivé les appels au dialogue. Le Comité national d’initiative et d’observation de la situation (CNIOS) a récemment exhorté le président Faye et le président de l’Assemblée nationale à mettre en place un cadre national inclusif de concertation, afin d’apaiser les antagonismes nés des projets de réforme constitutionnelle.
Le lancement de Kiiraay survient après que le Conseil constitutionnel a invalidé, il y a moins de deux semaines, une mesure adoptée par l’Assemblée nationale interdisant au président de diriger un parti politique. Cette décision a ainsi levé tout obstacle juridique à la création du nouveau parti.
Plusieurs responsables et militants du Pastef ont récemment annoncé leur départ pour rejoindre le camp présidentiel, signe des recompositions en cours. L’équipe de communication de M. Faye a indiqué que Kiiraay tiendra un congrès après la saison des pluies.

C’est inédit dans l’histoire politique au Sénégal. Un président de la république qui crée un parti en plein mandat. Il utilise les moyens de l’état, se déplace avec les véhicules de l’état, organise des rencontres financées par son budget. Mais les Sénégalais t’attendent aux prochaines élections. On a déjà Macky Sall et son parti, nous utilisons les mêmes moyens de bouter hors du palais. Ni la France encore moins la côte d’ivoire n’y pourront rien.