Des centaines de partisans, foulards « Vive Diomaye » autour du cou, ont bravé la chaleur torride de Dakar samedi pour assister au lancement du nouveau parti présidentiel, Kiiraay. Le président Bassirou Diomaye Faye a officialisé sa formation politique devant une foule enthousiaste, incapable de contenir tout le monde dans la salle de conférence d’un grand hôtel de la capitale.
Baptisé « Kiiraay », qui signifie « protection » ou « bouclier » en wolof, le parti affiche le slogan « Patriotes républicains ». M. Faye a insisté sur les valeurs fondatrices : « la république, l’éthique, la transparence, la fraternité et le travail », a rapporté l’AFP. Il a également revendiqué le statut de « parti majoritaire », entouré de maires, de responsables de secteurs et de figures de la société civile.
Ce lancement consacre la rupture entre le chef de l’État et son ancien mentor, Ousmane Sonko, ex-Premier ministre limogé le 22 mai. Depuis, celui-ci dirige le parti Pastef, qui a absorbé plus de 60 formations politiques en juin, et préside l’Assemblée nationale. La scission était devenue inévitable après des divergences sur la gestion de la dette publique et d’autres questions politiques.
Le contexte institutionnel a également joué en faveur de M. Faye. Fin juin, l’Assemblée nationale, contrôlée par Pastef, avait adopté une loi interdisant au président de diriger un parti. Mais le Conseil constitutionnel l’a invalidée moins de deux semaines plus tard, ouvrant la voie à cette annonce. Aminata Touré, conseillère senior du président, pilotait d’ailleurs depuis début juillet le groupe de travail chargé de structurer Kiiraay.
L’événement a mis en lumière les défections au sein de Pastef. Plusieurs responsables et militants ont récemment annoncé leur départ pour rejoindre le camp présidentiel, comme Déthié Diouf, qui a dissous son parti VISA pour intégrer la coalition Diomaye Président. Dans la foule, Mamo Khady Sall, 43 ans, venue avec un groupe de femmes de Yeumbeul, a salué un « homme de paix », refusant même de prononcer le nom de M. Sonko, a rapporté Boursorama.
Pour l’économiste Ibra Faye, ces deux années de pouvoir ont montré que « les changements demandés n’étaient pas du tout possibles dans le cadre actuel » du Pastef. Le nouveau parti tiendra son congrès après la saison des pluies, selon l’équipe de communication de M. Faye.
