Bassirou Diomaye Faye affronte Ousmane Sonko : un duel inédit qui pourrait recomposer la scène politique sénégalaise

Le lancement de Kiiraay – Les Patriotes républicains, le nouveau parti du président Bassirou Diomaye Faye, scelle une rupture désormais consommée avec son ancien mentor, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et leader de Pastef.

Selon L’Observateur, le chef de l’État revendique déjà Kiiraay comme le « premier parti du Sénégal », candidatant ainsi à la prééminence politique sur Pastef. Une aspiration qui a fait réagir Ousmane Sonko : celui-ci affirme son impatience de « mesurer, dans les urnes, le véritable rapport de force » lors des prochaines échéances électorales. Le site d’information ndarinfo a confirmé que plusieurs personnalités politiques indépendantes envisagent de rejoindre Kiiraay.

Pour l’analyste Sidy Diop, cité par le quotidien, Bassirou Diomaye Faye bénéficie d’un avantage rare : « Il exerce le pouvoir. » La fonction présidentielle, couplée à un tempérament posé et un discours d’apaisement, lui permettrait d’attirer les électeurs modérés, les technocrates et des responsables locaux, dont plusieurs ont déjà rejoint Kiiraay.

Mais Pastef ne semble pas perdre de terrain, selon le politologue Saliou Ngom, qui rappelle qu’aucune figure majeure du parti n’a fait défection et que la formation « demeure la principale force politique du pays ». Sidy Diop note toutefois que « le défi de Pastef est inédit, car son principal concurrent ne vient pas des rangs de l’opposition, mais de sa propre matrice », les deux partis se disputant l’héritage de la « rupture » de 2024.

L’émergence de Kiiraay pourrait aussi rebattre les cartes au sein de l’opposition, en attirant des responsables hostiles à Ousmane Sonko mais favorables au président. L’absence de quatre ministres au rassemblement constitutif de Kiiraay illustre ces tensions non résolues.

Cette rivalité a été comparée, dans une chronique de Sakho Ndiambé publiée en juin 2026 sur Senego, à la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel, rappelant le précédent Senghor-Mamadou Dia. De son côté, Kiiraay a appelé en juillet 2026 à signer un engagement de fusion, prévenant que « refuser de signer n’est pas sans conséquence ». Pour Aly Bathily, dans une interview sur le même site, ce duel constitue un « mirage politique » qui prend la Nation en otage.

Pour les analystes Sidy Diop et Saliou Ngom, seules les élections locales de 2027 permettront de départager les deux camps.

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