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Elie Kamano : « Sonko dou Diomaye », son analyse du bras de fer au sommet de l’État

Les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko continuent d’alimenter le débat politique sénégalais. L’artiste guinéen Elie Kamano a livré son analyse dans une déclaration intitulée « Ousmane Sonko, tel un œuf qui veut éclore avant l’heure », selon un document obtenu par exclusif.

Selon lui, le bras de fer actuel oppose clairement l’exécutif au législatif, soit Sonko au président Diomaye. Il reconnaît toutefois un changement d’attitude chez Ousmane Sonko depuis son départ de la Primature : « Après son limogeage, j’avoue avoir vu un Ousmane Sonko plus pondéré dans ses prises de parole, au point de placer le Sénégal au-dessus de sa personne et de son leadership », a-t-il déclaré. Pour Kamano, cette posture pourrait être une manière de répondre à ceux qui le qualifient de « va-t-en-guerre ».

Mais l’artiste s’interroge : pourquoi Sonko n’a-t-il pas adopté cette attitude lorsqu’il était Premier ministre ? « Pourquoi tenait-il à convaincre l’opinion publique que Bassirou Diomaye Faye n’était qu’un président par procuration ? », demande-t-il. Il estime qu’avec la majorité parlementaire de Pastef, Sonko aurait pu exprimer ses désaccords par les voies institutionnelles plutôt que par des confrontations publiques.

Elie Kamano va plus loin en accusant Ousmane Sonko d’avoir planifié son arrivée à la tête de l’Assemblée nationale pour y mener un « coup de force constitutionnel » contre le chef de l’État. Il rappelle la distinction entre le parti et la République : « Il ne faut pas perdre de vue qu’il y a, d’une part, Pastef et, d’autre part, la République du Sénégal. » Revenant sur le slogan de campagne, il affirme que « Sonko moy Diomaye » ne peut s’appliquer à l’exercice du pouvoir présidentiel. Désormais, « Sonko dou Diomaye. Le président reste le président, avec toute l’autonomie et toute la légitimité que lui confère sa charge », a-t-il martelé.

L’artiste critique enfin le ton employé par Sonko lors de sa dernière sortie médiatique, utilisant selon lui des « termes péjoratifs et rabaissants » pour qualifier le président. Il promet d’y revenir. Cette nouvelle déclaration intervient après que d’autres voix se sont élevées ces dernières semaines. Le 17 avril, l’ex-directeur des moyens généraux de la Présidence Cheikh Oumar Diagne affirmait que les deux hommes étaient « pareils », estimant que leurs désaccords participent d’une stratégie. Plus récemment, le 16 mai, Mamadou Goumbala s’est présenté au domicile d’Ousmane Sonko pour appeler à l’apaisement des tensions entre les deux têtes de l’exécutif.

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